La décharge publique communale de Kendira, implantée dans un écrin de verdure dans une zone éloignée de toute habitation, soulève des inquiétudes quant à ses incidences sur la forêt et les ressources hydriques. Le site, a-t-on pu constater, accueille un ensemble de déchets d’origine ménagère. Il est aussi un exutoire pour des ordures hétéroclites, comme les gravats et autres rejets encombrants. «Cette décharge, dont on nous dit qu’elle est contrôlée, n’est en fait qu’un immense dépotoir sauvage à ciel ouvert. Quiconque désire se débarrasser de ses immondices, de quelque nature qu’elles soient, les y abandonnent sans difficulté ni restriction. Il n’y a ni gardien, ni contrôle pour limiter l’accès à la décharge», fait remarquer un villageois. Pour réduire un tant soit peu le volume des ordures, rapporte-t-on, on procède régulièrement à des opérations d’incinération. Un procédé qui s’avère aussi pernicieux que risqué. Les polluants issus de la combustion se répandent dans l’air, tandis que le feu menace de dévaster la zone boisée toute proche. «L’incinération a été à l’origine d’une multitude de départs de feu, au cours de ces dernières années. Des étendues de forêts ont été consumées par la faute de ces mises à feu inconsidérées», témoigne un citoyen de Kendira. Cependant, le risque le plus grave et le plus redouté, s’alarme-t-on, reste la contamination des sources d’eau, dont certaines sont situées dans la proximité immédiate du site de la décharge. «La menace potentielle viendra sans doute des lexiviats générés par la décomposition des matières organiques, contenues dans les ordures. Aucune barrière de protection n’est érigée pour empêcher la diffusion de ces résidus hautement polluants», alerte un habitant de Tizi Tinjit, le chef-lieu de la commune. Si les villageois se sustentent à l’envie de ces innombrables sources d’eau fraiche et cristalline, la menace de leur pollution n’en alimente pas moins leurs appréhensions. «Ce risque n’est pas une vue de l’esprit. Va-t-on attendre une flambée épidémique ou une quelconque tragédie pour daigner réagir ?» s’interroge un villageois d’Ihvachen. Interpellé sur ce sujet, le maire de Kendira s’est dit conscient du risque qui plane, mais affiche son impuissance à prendre la mesure du problème. «L’inquiétude des villageois est légitime, mais nous n’avons pas un site de rechange pour y délocaliser cette décharge», affirme-t-il.
N. Maouche
