Par S. Aït Hamouda
Le boucher est magnat de la drogue dure, du mobilier et d’autres choses qui n’ont rien de nettes. Il se trouve que ce boucher qui a des connaissances bien placées, triture avec un talent qu’on vient de découvrir, outre les produits carnés, d’autres sédiments que la cocaïne ou que les bâtiments bien cossus. C’est vrai que le fric appelle le fric, et lorsqu’on y goûte, on devient accroc et insatiable, au point où plus rien ne résiste à sa faim, plus on avale plus on a faim. Croire berner les douanes, les gardes- côtes, la gendarmerie, c’est vraiment se prendre pour un zombi pur produit de boucherie. Qu’on y réfléchisse deux secondes, ils ont compté sur des copains sûrs, et des coquins plus sûrs encore, pour qu’à la fin, tomber comme un fruit mûr entre les mains de qui de droit. Ils, le boucher, ses frères, et ses complices, n’avaient de compte à rendre à personne. L’État, ils y étaient bien introduits, et pour ce qui n’était pas permis, ils avaient des accointances avec bien des compères haut placés, pour se permettre de violer la loi impunément. Ce qui revient à dire qu’ils se considéraient bien protégés. Leur parachute s’est avéré du toc, ils se sont retrouvés les quatre fers en l’air. Et d’une affaire de drogue, ils se retrouvent avec d’autres affaires aussi graves les unes que les autres. On peut, à la rigueur comprendre des bonhommes qui par intérêt, juteux, sonnant et trébuchant, se sont laissés aller à des trafics malsains, mais pas à ce stade d’ignominie. Pas à ce niveau de gangstérisme de grands chemins. Il s’avère que ces mafieux, sans foi ni loi, ont voulu faire leur beurre, sur le dos des algériens, avec leur bifteck congelé, en y ajoutant de la cocaïne, du béton, et plein de choses encore qu’il est même interdit de prononcer le nom. Résultat des courses dans l’ordre, les bouchers, leurs associés et complices se retrouvent dans leurs cellules pour méditer de leurs forfaits…
S. A. H.
