SAHARIDJ – Commémoration du 27 juin 1957 – Le sinistre Bigeard hante toujours les esprits

Le mouvement associatif de Saharidj a arrêté un programme commémoratif à l'occasion du 27 juin 1957, qui coïncide avec la célèbre opération de ratissage organisé par le sinistre général Bigeard, baptisée «Nettoyage».

L’activité a débuté dans la matinée de mercredi dernier par un recueillement et dépôt d’une gerbe de fleurs au carré des martyrs en présence des autorités civiles et militaires, suivie d’une conférence-témoignage animée par le colonel en retraite, M. Abdellah Dellys, un acteur de ces événements dont le théâtre a été les maquis de Saharidj. La conférence en question a été abritée par «Akham laarch». La conférence a été suivie d’un débat durant lequel cet officier ancien maquisard a répondu à plusieurs questions autour de ce fait d’armes, ensuite, par une distribution d’attestations honorifiques à plusieurs membres de la famille révolutionnaire. La journée de commémoration a été clôturée par un couscous collectif auquel ont été invités tous les hôtes de la commune de Saharidj. Rappelons que durant cette opération d’envergure, ce sont deux divisions de parachutistes d’un total de 32000 soldats qui ont été mobilisés par ce général, qui a débarqué d’un hélicoptère, la veille à Saharidj, pour rejoindre un PC qu’il a dressé sur les lieux pour superviser le ratissage terrestre. Ces effectifs ont été appuyés par un impressionnant arsenal militaire dont des blindés et les sinistres avions à réaction de la 8e armée qui sont partis à l’assaut des maquis de la haute montagne de la commune de Saharidj, lesquels s’étendent de Tadert Ledjdid à Assouil. Ce sont 58 martyrs qui étaient tombés au champ d’honneur durant les trois jours de l’opération, dont 14 n’ont pas été identifiés à ce jour. Il est utile de souligner que quelques uns d’entre eux ont été complètement défigurés par le napalm largué directement par les avions de chasse. D’autres victimes ont été arrêtées et jetées vivants dans deux profonds puits, situés en périphérie de l’actuel chef-lieu de commune. Leurs corps n’ont été découverts qu’après l’indépendance. C’est durant ce ratissage que sont tombés au champ d’honneur les deux légendaires maquisards Malika Gaid et le lieutenant Amrouche Mouloud, connu sous le nom de guerre «Si l’Mouloud Awakur», aux lieux dits Taguemount et Avaznu. Notons pour terminer que cette opération a été décidée par l’état major de l’armée coloniale sur demande du maire de l’ex commune Mixte de Maillot Joanés Troccon pour mettre un terme aux harcèlements des maquisards qui en plus de tendre des embuscades meurtrières aux patrouilles militaires qui sillonnaient la région, s’adonnaient à des actes de sabotage sur les conduites d’eau, les lignes électriques, les routes mais aussi en incendiant les fermes coloniales des plaines d’Oughazi avec la précieuse contribution active des civiles en grande majorité acquis à la révolution et des volontaires dénommés «mousseblines». Cette opération a été immédiatement suivie d’une autre qui a consisté en la destruction des villages de haute montagne dont nous citerons ceux d’Iwakuren : Ighzer et Tedert Ledjdid, ceux d’Ivelvaren, Ath Ali Outhemi, Ighil Hamad et enfin le village Aggache. Les populations de ces villages ont été parquées pêle-mêle dans plusieurs camps de concentration à travers la circonscription de l’ex Maillot et leurs villages ont été déclarés zone interdite, cela dans le but d’isoler les maquisards de la population civile qui leur assurait la logistique, le renseignement et aussi des renforts pour porter de sévères coups aux forces coloniales.

Oulaid Soualah