C'est l'été. La peur de revoir les oliveraies et les maquis partir en fumée hante les esprits. Pour ne pas revivre la situation apocalyptique de l'an dernier, les comités de villages de Boumahni sont à pied d’œuvre.
Les volontariats se multiplient. Pratiquement chaque jour, des jeunes se rendent aux villages et aux lisières de la forêt pour débroussailler et nettoyer les lieux. «Les comités de village ont tenu leurs assemblées et décidé d’organiser des volontariats afin d’éviter les feux de forêt. Les ravages de l’an dernier nous hantent toujours», a confié le président d’un comité de village de ce douar de seize villages, fédérés en aârch de Boumahni. Par ailleurs, il a été décidé que chaque habitant doit faire une ceinture de protection tout autour de son habitation. Dans une virée sur les lieux, il a été constaté des jeunes qui nettoyaient les accotements du chemin communal qui relie cette grappe de villages au chef-lieu communal. A rappeler que l’an dernier, des centaines d’hectares sont partis en fumée, décimant notamment des milliers d’oliviers. Cette décision a été aussi prise par les céréaliculteurs de la vallée. «Pour cette année, les herbes ont envahi tous les champs. Avant la moisson-battage, nous avons désherbé les alentours de nos champs. C’est la moindre chose qu’on peut faire pour éviter un quelconque désastre», dira un céréaliculteur de Bouhamou. Il mérite de souligner que la subdivision des travaux publics a affecté une équipe de cantonniers pour désherber les accotements et nettoyer les fossés de la RN30. «Cette route est bordée de champs de blé. C’est une urgence que de la débarrasser de toutes ces herbes folles qui ont envahi les accotements pour éviter d’éventuels départs de feux vers les champs de blé», répondra un cantonnier qui, avec ses collègues, s’affairaient au nettoyage des fossés. La vigilance est de mise. Cependant, les responsables de cette commune souhaitent que le projet de poste avancé de la Protection civile soit lancé. «Le ministre de l’Intérieur, en visite dans les communes les plus touchées par les incendies l’été dernier, telle Aït Yahia Moussa, avait répondu à la presse que les onze postes de Protection civile gelés allaient être relancés. Nous ne savons pas si le nôtre bénéficie de cette mesure. Pourtant, nous avons le tissu végétal le plus important de toute la daïra, notamment le massif forestier de Boumahni», dira une source proche de l’APC. D’ailleurs, le maire a fait appel au wali pour aider cette commune, qui, rappelons-le, est toujours bloquée, sachant que de nombreux projets sont en suspens. A. Ouramdane

