S’il est vrai que la localité de Draâ El-Mizan est à vocation céréalière, il n'en demeure pas moins que des centaines d'hectares sont toujours consacrés à la culture de la pastèque et du melon.
Pour la pastèque, ce qui encourage les maraîchers sont les atouts hydriques dont dispose la région (barrages d’eau et retenues colinéaires). Depuis quelques jours, il est constaté des fellahs, dos courbés, s’affairant à planter des graines de pastèque et de melon. «Certes, tout le monde a goûté à la pastèque et au melon du Sud du pays. Mais, ici, chez nous, la période la plus propice pour planter ces deux fruits commence à partir du mois de mai. Pour cette année, nous avons accusé un petit retard parce que les pluies ne nous ont pas donné de répit. C’est pourquoi nous n’avons lancé les plantations que dernièrement. Il faut savoir que certains fellahs n’ont même pas commencé. C’est dire que, pour cette année, nous craignons que la pastèque et le melon de notre région, qui inondent habituellement le marché, n’arrivent pas à maturité dans les délais prévus, c’est-à-dire fin août pour la pastèque et mi-septembre pour le melon», répond un maraîcher. En tout cas, le rythme est soutenu d’autant plus que les ouvriers saisonniers, qui se recrutent notamment parmi les collégiens et les lycéens, ne manquent pas. «C’est un travail qui nous prend une semaine à dix jours, c’est pourquoi nous employons des adolescents en quête d’argent de poche», confie un autre agriculteur. Celui-ci regrette que le réseau d’irrigation du barrage d’eau soit vétuste. «Le problème essentiel que nous rencontrons, c’est l’irrigation. Pour arroser un champ situé à deux kilomètres du barrage, il vous faudra des centaines de mètres de tuyauterie et puis celle-ci nous revient trop cher sans compter bien sûr les motopompes», estime un autre maraîcher. En raison de ce manque, certains préfèrent le melon parce que cette plante n’a pas besoin d’être irriguée. Tout de même, les maraîchers investissent dans ce créneau en espérant que les responsables entendent leurs appels : «Puisque les ouvrages hydrauliques sont remplis, nous nous demandons pourquoi ils ne sont pas encore rentabilisés par les services concernés. Sinon, notre crainte majeure c’est les averses, qui risquent de causer des dégâts à nos cultures», conclut notre premier interlocuteur.
Amar Ouramdane

