Alors que la saison estivale bat son plein à Tigzirt, le petit îlot «Tigzirt n dakhel» est menacée par un grand danger. Cette petite île, située à un kilomètre des côtes, est devenue une décharge publique à ciel ouvert. Les quelques voix des habitants de cette ville antique qui s’élèvent pour dénoncer cette « agression » contre l’environnement n’ont pas eu d’écho. Ce petit joyau de la nature offert à Tigzirt subit des actes d’incivisme qui défigurent la terre et qui ont fini par atteindre la mer. Durant toute l’année, de petites embarcations assurent le transport vers l’îlot. Un aller-retour est tarifé entre 300 et 400 dinars par personne. Les familles et les personnes qui s’y rendent choisissent généralement de rester sur l’île durant la journée. Puis, l’embarcation qui a assuré l’allée revient les chercher. C’est pendant ce temps que la catastrophe environnementale est commise. Les visiteurs qui sont restés sur l’îlot abandonnent sur place ou jettent dans l’eau des bouteilles, des cannettes et autres déchets qui s’entassent sur les rivages rocheux de l’île. Ceux qui tirent la sonnette d’alarme qualifient cette nature vierge de décharge à ciel ouvert. Cette pollution menace l’écosystème. Les mouettes qui vivaient sur l’îlot sont en danger de disparition. Leur nombre a diminué, et la pollution ne fait qu’accentuer cette catastrophe écologique. Ces oiseaux blancs fuient l’îlot pour aller nicher sur les toits des bâtiments. «Je viens depuis que j’étais petit. Je ne peux pas aller ailleurs. Je suis devenu un habitué de cette belle ville. Mais ce que je voix actuellement me fait mal. Ce n’est plus comme avant. Pourtant, aujourd’hui, il y a plus de moyens. On s’en prend même aux oiseaux et à l’îlot qui font la notoriété de la ville. N’est-ce pas cette petite île qui a donné son nom à Tigzirt ?» témoigne un vieil homme assis sur un banc dans le site antique de la ville d’Iomnium.
Akli N.
