Par S. Ait Hamouda
Simone Veil, l’alliée de l’Algérie. Au temps où l’Algérie était en guerre, elle l’a été tout le temps de la colonisation jusqu’à l’indépendance. Et le pays eut des alliés français depuis le début de l’occupation. Parmi les amis que nous avions, nous pouvions compter bien des militants et militantes d’extraction française. Il y en avait des rescapés de la commune de Paris et plein de partisans de toutes les causes justes. Mais là où le bât blesse, c’est quand on agit par omission pour une cause qui nous dérange. C’est le cas d’Emanuel Macron qui en consacrant Simone Veil au Panthéon a oublié qu’elle était une amie de notre pays et, chemin faisant, a occulté le combat des Algériens. Il l’a «panthéonisée» en gardant une partie de son mérite pour lui. Il l’a dépossédée d’une partie de son militantisme, pour sa gouverne, pour ne pas brusquer une bonne partie des Français. L’essentiel, Simone Veil, qui était directrice de l’administration pénitentiaire de 1959 à 61, a sauvé beaucoup d’Algériens de la mort, de leur détention inhumaine, de leurs tortures. Elle a permis à Djamila Boupacha d’échapper à la mort et à beaucoup d’autres, à l’instar de nombreux résistants. Cette femme a aussi défendu la cause des femmes, et des hommes, partout dans le monde, avec force, discrétion et humilité. Elle était courage, abnégation pour ses idées. Quoi qu’il en soit, la Juive, qui fut déportée à Auschwitz avec sa mère et sa sœur, à l’âge de seize ans, n’a pas oublié les affres qu’elle a subis. Elle a frayé ce chemin de croix pour sauver la France de la honte. Qu’à cela ne tienne, Simon Veil a été pour l’Histoire universelle et l’histoire de son pays, la France, une héroïne parce qu’elle a choisi de faire la part des choses, elle a pris du mauvais côté, du coté où ça fait mal, l’Histoire, elle rend compte à l’historiographie, la sienne surtout, non avec complaisance mais avec responsabilité et rédemption. Elle rejoint l’autel auquel elle était attachée avec l’honneur qui lui est dû…
S. A. H.
