Encadrés par leur association socioculturelle, des dizaines d’habitants de la localité de Ain Skhoun, située à quelques encablures du campus universitaire de Targa-Ouzemour, ont dans la matinée d’hier, organisé un sit-in devant le siège de la wilaya, pour réclamer l’amélioration de leurs conditions d’existence, jugées déplorables comme l’exprime une banderole tendue sur le lieu du rassemblement où les passants pouvaient lire «20 ans de misère où sont nos droits. » D’après les protestataires, les problèmes de Ain S’khoun ont commencé dès la construction des premières maisons de la cité qui compte actuellement quelques 500 habitations. Le premier problème soulevé par les manifestants est celui de l’eau. En effet, depuis sa création, il y a maintenant plus de 20 ans, la cité n’est toujours pas branchée au réseau de l’AEP, se plaignent-ils. Les habitants sont alimentés en eau potable deux à trois fois par semaine par les camions-citernes de l’APC de Béjaïa à raison de trois minutes par habitant. Passé ce temps le tuyau est donné à un autre habitant. Et c’est cette situation intenable qui pousse les habitants de la localité à réclamer auprès de qui de droit le raccordement de leur cité au réseau d’AEP. La deuxième revendication des protestataires est le branchement de leurs foyers au réseau d’électricité. Selon leurs dires, aucune des 500 maisons, dont certaines sont construites il y a plus de 20 ans, n’est encore alimentée en électricité. Pourtant, à la demande de la SDE de Béjaïa, ils ont acquis par leurs propres moyens un terrain pour la construction du transformateur, leur participation financière au projet de l’électrification de leurs foyers s’élève à 400 millions de centimes, l’APC de Béjaïa leur a débloqué 536 millions de centimes auxquelles, il faut ajouter 200 millions de l’APW, soit un total d’un milliard 136 millions de centimes versés depuis une année et la cité n’est toujours pas électrifiée. Le troisième problème soulevé par les habitants d’Ain S’khoun est celui de l’assainissement. Aucun réseau d’assainissement n’existe à ce jour à Ain S’khoun. Au risque de contaminations en tous genres, les habitants se servent tous, soulignent-ils, de fosses septiques. Les autres problèmes soulevés par les manifestants sur le lieu de leur rassemblement sont, entre autres, la réalisation d’une école primaire pour les enfants.
B. Mouhoub
