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Le poisson vendu sous 40°C !

Du poisson défraichi au relent d’ammoniac est proposé à la vente sous un soleil ardent à Sidi Aïch. Obnubilée par l’appât du gain, une faune de margoulins, font fi des règles d’hygiène et de santé les plus élémentaires. Outre la température ambiante qui flirte avec les 40°C, la cargaison est exposée aux polluants de l’air et aux nuées d’insectes vecteurs potentiels de maladies. Quelques étals sont disposés à l’ombre de parasols. Des feuilles de vigne pour habiller une nudité ! «On aura tout vu. Des produits carnés vendus dans les mêmes conditions que les pastèques et les patates», lance à la cantonade un homme d’un certain âge. Pour donner une fallacieuse impression de fraicheur à leur marchandise, les vendeurs veillent au grain, en l’aspergeant fréquemment d’une eau douteuse. Même la taille minimum marchande, exigible pour la commercialisation de ce produit pélagique, est à l’évidence passée à la trappe. Les cageots, constate-t-on, sont remplis pour l’essentiel, non pas de poissons, mais d’alevins issus probablement de la dernière fraie. Ce qui en dit long sur le peu de cas qu’on fait du repos biologique de ces espèces, pourtant si indispensable à la reconstitution des stockes halieutiques. En dépit de tout cela, la mercuriale reste soutenue. Pas moins de 400 dinars pour un kilo de poisson qui, le moins qu’on puisse dire, n’exhale pas l’effluve des marais. Loin s’en faut. «Ce n’est qu’une fois le soleil au zénith et la marchandise en putréfaction que l’on consent quelques dinars de rabais. C’est une véritable arnaque», relève un chaland, qui refuse de se laisser gruger. «On ne propose pas du poisson, mais bel et bien du poison, et à des tarifs dépassant tout entendement. Il est grand temps que les services de contrôle interviennent pour stopper ces pratiques pernicieuses, qui mettent en danger la santé du consommateur», plaide un citadin.

N. M.

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