La chancelière allemande, Angela Merkel, a effectué hier une visite officielle d'une journée en Algérie, à l’invitation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika.
La chancelière allemande a été accueillie à son arrivée à l’aéroport international Houari-Boumediene par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, accompagné de membres du gouvernement. Mme Angela Merkel, s’est, par la suite, rendue au sanctuaire des martyrs à Alger, pour se recueillir à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération nationale. Accompagnée du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, Angela Merkel a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative et observé une minute de silence à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération. L’hôte de l`Algérie a profité de cet endroit, qui donne une vue imprenable sur la capitale, pour apprécier la baie d’Alger. La chancelière allemande s’est rendue également au lycée Aïcha Oum El Mouminine, sis à Hussein Dey, pour visiter des classes d’enseignement de la langue allemande. Elle a été accueillie à son arrivée au lycée par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, des cadres et des enseignants. Mme. Merkel a visité, à cette occasion, des classes dédiées à l’enseignement de la langue allemande où elle s’est entretenue avec les élèves pour connaitre leur niveau linguistique et les méthodes d’enseignement utilisées au sein de cet établissement scolaire. Le lycée Aïcha Oum El Moumnine, qui est membre du réseau mondial d’enseignement de l’allemand, dispense en sus des langues arabe, française et anglaise, d’autres langues étrangères, à savoir l’espagnol, et l’italien. Lors d’un point de presse conjoint avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, la chancelière allemande a mis en avant le rôle de l’Algérie en matière d’instauration de la paix et de la sécurité dans une région marquée par des conflits, notamment ses efforts dans le règlement des crises au Mali et en Libye. «L’Algérie, qui est le plus grand pays d’Afrique de par sa superficie, partage plus de 6 000 km de frontières avec les pays du voisinage qui connaissent des problèmes d’ordre sécuritaire», a-t-elle indiqué, mettant l’accent sur le rôle de «l’Algérie qui s’investit dans la réconciliation au Mali et le règlement de la crise en Libye par une solution interne et libyenne». De son côté, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a affirmé que l’Algérie rapatriera tous ses ressortissants qui sont en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre. «Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants (en situation irrégulière en Allemagne), qu’il s’agisse de 3 000 ou de 5 000 citoyens, tout en respectant un certain nombre de règles sur lesquelles on est en parfait accord avec les autorités allemandes», a déclaré Ouyahia. Parmi ces règles, le Premier ministre a insisté sur l’identification de ces ressortissants pour s’assurer qu’il s’agit bien de citoyens algériens.
Une vingtaine de dossiers de partenariat en discussion
Une vingtaine de dossiers de partenariat, dans le domaine économique, sont « en cours de discussions » entre l’Algérie et l’Allemagne, a annoncé, hier à Alger, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Lors de la même conférence de presse, M. Ouyahia a fait savoir que les deux pays sont déterminés à concrétiser un grand nombre de ces dossiers de partenariat, objet de discussions. Dans sa réponse à une question sur le « faible » apport de l’Allemagne sur le marché algérien, qui connaît un « certain monopole », le Premier ministre a indiqué que ce pays européen est au contraire « très présent » en Algérie, réfutant l’existence de tout genre de monopole de la part d’autres pays. L’Allemagne, a-t-il poursuivi, est le troisième partenaire de l’Algérie. Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent les 4 milliards de dollars annuellement. Sur le plan investissement, M. Ouyahia a relevé que l’Allemagne avait contribué dans la relance de l’industrie mécanique en Algérie, rappelant que la dernière décennie avait vu la participation de grandes firmes allemandes dans la concrétisation de projets de construction de véhicules légers et lourds, dans différentes régions du pays. Il avait indiqué, au début de la conférence de presse, que sa séance de travail avec la chancelière avait permis, aux deux parties, de «manifester une forte volonté à aller de l’avant, notamment en matière de coopération économique», précisant qu’«il existe déjà plus de vingt partenariats qui fonctionnent et nous en ferons d’autres». Les gouvernements des deux pays sont « déterminés » à accompagner la dynamique marquant leur coopération économique, a-t-il souligné.
R. N.

