L’infrastructure sportive est quasiment inexistante au niveau de la commune de Tizi N’tleta. C’est là un constat amer, difficilement accepté par l’ensemble de la famille sportive qui voit en cette situation un paradoxe inexplicable, vu les multiples performances des jeunes athlètes de la localité. Les jeunes, ici à Tizi N’tleta, conçoivent le sport comme une seconde nature qui leur donne accès à un moment d’épanouissement social a côté de l’inexistence des autres moyens de distraction. Et pourtant, ce n’est pas les champions qui manquent, Ammar Khodja, champion arabe en karaté do et Halis, championne d’Algérie en judo, pour ne citer que ces deux-là, ont de tout temps honoré et la commune et le pays qu’ils ont dignement représenté lors des joutes internationales. Les efforts de ces jeunes athlètes n’ont, à ce jour pas trouvé grâce aux yeux des responsables de la wilaya de Tizi Ouzou qui continuent de faire la sourde-oreille face aux revendications, quoi que modestes, des sportifs, à savoir des conditions minimales pour la pratique du sport, une salle d’entraînement digne de ce nom. A l’image de leurs camarades des sports individuels, ceux des sports collectifs ne sont pas mieux nantis, en ce sens que l’infrastructure qui devait les accueillir pour une meilleure progression n’existe nullement à travers les quatre coins de la commune. L’exemple des athlètes du multi sport d’Aït Abdelmoumène est édifiant, unique club à s’être engagé dans la compétition officielle, les joueurs de ce club cher à tous les villageois d’Aït Abdelmoumène sont confrontés à un calvaire au quotidien, celui de l’absence d’un stade qui aurait pu alléger leurs souffrances. “La pratique du football est devenue pour nous une véritable souffrance, vu le manque du minimum vital, à savoir un stade. Figurez-vous que même une aire de jeu est inexistante au village”, déclare non sans amertume, le président du CSA qui estime que cet état de fait a beaucoup influencé le rendement de son équipe. Il faut dire qu’une virée au village d’Aït Abdelmoumène nous a permis de vérifier cette réalité, le MSA s’entraîne à longueur d’année sur une piste agricole au milieu des odeurs nauséabondes qui se dégagent d’un égout sis à quelques mètres de là. “C’est vraiment dommage pour une équipe évoluant au championnat de wilaya de s’entraîner dans de pareilles conditions et pourtant, nous ne demandons pas la lune, mais une aire de jeu qui servira de lieu d’entraînement pour nos équipes”, ajoute M. Sebti. A ce sujet, le président du MSA a tenu, au cours de la semaine passée, une réunion de travail avec le directeur de la jeunesse et des sports, M. Charouak, en compagnie du vice-président de l’APW, M. Boudjemaâ. Le DJS s’est dit, à l’occasion, étonné d’apprendre que ce grand village de la commune de Tizi N’tleta ne dispose pas d’une aire de jeu. Il a, en effet, donné des assurances à ses interlocuteurs quant à une possible inscription de ce projet pour le prochain programme. Outre le DJS, le président de l’assemblée communale de Tizi N’tleta, M. Souam Hocine, nous fera savoir que l’APC essaye, avec les moyens du bord, d’aider le MSA et toutes les associations à l’échelle communale. “Nous avons dégagé une subvention qui renfouera les caisses des clubs engagés dans les prochains jours ; par rapport à l’aire de jeu à Aït Abdelmoumène, j’ai personnellement adressé un courrier aux différentes autorités de wilaya. J’espère qu’elles inscriront le projet dans le cadre du PSD (Plan sectoriel de développement)”, nous dira en substance le maire de Tizi N’tleta. En somme, on comprendra aisément que la balle est désormais dans le camp des autorités, alors à eux de jouer… Les jeunes apprécieront certainement.
A. Z.
