TIZI-OUZOU Marche hier des rappelés de l’ANP – «Nos revendications sont constitutionnelles»

Plusieurs centaines de rappelés de l’ANP ont marché, hier, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, revendiquant la reconnaissance de leur catégorie et d’autres droits socioprofessionnels.

La marche s’est ébranlée de la placette sise près du stade du 1er novembre, à l’entrée Est de la ville, pour atteindre la place de l’olivier, à la sortie ouest, soit tout le parcours de la rue Abane Ramdane. Tout au long du périple, les anciens soldats de la décennie noire (1992-1996) ont scandé des slogans et brandi des pancartes revendicatives, sur lesquelles on pouvait lire, entre autres, «On ne va pas reculer devant nos droits», «Où sont nos droits», «On revendique l’ouverture d’une expertise médicale», «Nos revendications sont constitutionnelles», «Non à l’ostracisme», «Pour la régularisation de notre situation». Vingt-sept wilayas, sur les 37 structurées par l’organisation nationale des soldats du contingent dans le cadre de la mobilisation, étaient présentes à cette manifestation d’après le coordinateur national, Bouzegza Kamel. Ce dernier a fait savoir que «plusieurs participants n’ont pas pu atteindre la ville, retenus dans les barrages à travers les différents points d’accès à la wilaya». Il s’agit, entre autres, d’après notre constat, de Tizi-Ouzou, Jijel, Médéa, Bouira, M’Sila, Boumerdès, Béjaïa, Laghouat, Tiaret, Sétif et Saida. «Cela fait neuf longues années que nous attendons que les portes du dialogue soient ouvertes avec les représentants de cette catégorie qui s’est montrée patiente pour la concrétisation de l’article 71 de la loi de finances complémentaire 2009. (…) Neuf longues années que nous attendons l’ouverture d’une expertise médicale à cette catégorie dont la majorité des éléments sont retournés à la vie civile, en trainant des handicapes et des maladies», explique le coordinateur national de l’organisation. «Notre catégorie demande à être incluse dans les droits reconnus aux autres catégories, suivant les termes de l’article 71, et elle demande l’application de cet article ainsi que le décret présidentiel du 17 mars 2017», ajoute-t-il, dénonçant «la non promulgation de ce dernier à ce jour». Le représentant des soldats dit du 18+6 regrette la fermeture de la voie du dialogue avec le ministère concerné. Dans leur plateforme de revendications, composée de 12 points, les soldats demandent l’application de tous les textes de loi suscité, la reconnaissance de cette catégorie et sa réhabilitation, l’attribution d’une pension mensuelle, la prime de fin de service à 30 %, les indemnités sur les retards des congés non exploités, la prise en charge des ayants doits qui sont encore en vie… Dans une déclaration distribuée sur place, ces derniers ont fait part de plus de 10 000 cas de malades mentaux et plus de 3 000 cas de suicides enregistrés parmi cette catégorie. Notons que cette catégorie de soldats compte quelque 125 000 éléments à travers le pays, dont 27 000 dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Kamela Haddoum.