Le centre commercial dit « Immeuble bleu » dans l’enceinte du marché des fruits et légumes est dans un état lamentable. En effet, 85 locaux commerciaux, dont la plupart ont été entièrement réglés par leurs acquéreurs, se trouvent tout simplement à l’abandon pour des raisons qu’on ignore. «J’ai acquis ce local depuis quinze ans. Nous n’avons ni document justificatif ni encore d’acte à l’exception des ordres de versement à l’agence foncière. Depuis, nous n’avons pas cessé de faire des démarches pour les occuper, en vain», maugrée un acquéreur. Dans ce grand espace, il nous a été donné de constater que seuls deux ou trois garages du rez-de- chaussée ont ouvert, pendant que les autres sont dans un état de délabrement avancé. Les portes ont été défoncées, les vitres toutes brisées et la tuyauterie servant aux eaux usées déverse des saletés qui empoisonnent la vie aux douze familles résidentes du même immeuble. «Nous ne savons pas pourquoi ces locaux ne sont pas exploités. Même les acquéreurs voient que c’est une escroquerie», nous confie un résident. Et un autre de nous informer, «il y a de cela deux ans, une commission composée des représentants de la daïra, de l’APC, de l’agence foncière de Boghni, de l’ONA et de la protection civile s’était déplacée sur les lieux. On croit savoir que des décisions auraient été prises sur le champ. Mais, depuis, on ne voit rien venir. Parfois, certains acquéreurs inspectent les locaux et repartent.» Pour les résidents, cet abandon est source non seulement d’insalubrité mais aussi d’insécurité. «Les laissés-pour compte qui passent leurs nuits dans ces locaux nous causent énormément de problèmes. Vous savez, parfois, des rixes éclatent entre eux et les jeunes de notre cité. On appelle encore une fois toutes les parties concernées par ce problème de trouver une solution urgente à ce cas. D’ailleurs, nous avons décidé d’acheter de la brique et de fermer les portes principales», nous dit un autre résident. Par ailleurs, certains des acquéreurs s’organisent déjà pour défendre leurs intérêts devant la justice. «Il faut en finir avec ce problème», s’insurge un autre acquéreur. Selon nos sources, l’une des raisons pour laquelle ces locaux ne sont pas opérationnels est parce qu’ils ne sont pas branchés au réseau électrique alors que d’autres disent qu’un bon nombre d’acquéreurs n’ont pas encore réglé le paiement de leurs locaux. «Il faudrait que l’APC et l’agence foncière s’accordent à retirer les locaux pour ceux qui ne les ont pas encore payés et les vendre aux enchères. Ensuite, prendre les travaux de dégradation en charge ainsi que les autres manques», estime de son côté un dernier intervenant.
Amar Ouramdane
