Tabouâanant est un village isolé, perché à près de 1000 mètres d’altitude sur une colline aux côtés abruptes. Situé à environs 24 kms du chef-lieu communal d’Ighil Ali, ce patelin est confronté à de multiples problèmes et autres carences qui font que le cadre de vie est peu reluisant. Cette bourgade peuplée d’environ 300 habitants a connu une véritable saignée durant la décennie noire, où les hordes islamistes commettaient des descentes punitives vers ce village. Actuellement que la paix est de retour, le village a sombré carrément dans l’oubli et l’enclavement. Le chemin qui le dessert n’a été réhabilité que récemment avec une couche bitumeuse l’unique qu’il a reçue depuis l’indépendance du pays, nous dit-on. Il faudra emprunter la RN106 jusqu’à la station service de Boni pour pouvoir prendre le chemin qui monte vers Tabouâanant long d’environ 6 kms. Dans ce patelin l’eau potable est un vrai problème, car elle n’est disponible sur le réseau de distribution qu’une fois sur dix jours, et parfois même plus ! En été ce problème se corse davantage. Le transport y est inexistant, et cela influe négativement sur le quotidien des habitants non véhiculés, lesquels doivent compter sur l’auto-stop ou la location de taxis de clandestins pour les différents déplacements. Actuellement, le village connaît des travaux de construction d’un foyer de jeunes. Toutefois, ce projet n’est pas vu d’un bon œil par certains habitants qui lui préfèrent une unité de soins comme le dira l’un d’eux : «j’aurais aimé que ce foyer de jeunes soit réaffecté en unité de soins qui fait défaut dans notre localité. Vous imaginez pour une simple injection et autres soins nous sommes obligés de louer des taxis jusqu’à la polyclinique d’Ighil Ali à 25 kms en aval ? Alors, j’estime qu’il y a une priorité par rapport au foyer de jeunes qui est la santé !», estime notre interlocuteur. Pour sa part, le gaz de ville demeure un « rêve » pour la population de ce village perché, lequel subit les affres des hivers rigoureux et enneigés. «Le gaz de ville? Nous n’y croyons pas trop, car déjà le projet de raccordement du chef-lieu communal languit toujours, alors que pour notre village il ne sera pas prêt pour demain !», se résigne-t-on à Tabouâanant.
Syphax Y.
