Même s’il reste encore quelques semaines pour l’entame de la campagne oléicole, il n’en demeure pas moins que le défrichement et la préparation du terrain, pour une cueillette optimale des olives, se faisait des semaines ou à tout casser des jours à l’avance dans les différentes contrées de la Kabylie. En effet, chez nos anciens, rien n’est laissé au hasard en matière d’activités agricoles et de rites qui les accompagnent. Se basant sur la « science » empirique, nos aïeux savaient pertinemment quand faire et que faire pendant toute l’année agricole. Et n’est certainement pas un hasard si tout un calendrier, appelé « le calendrier agraire Berbère », fut suivi à la lettre. Il comporte des rites, des traditions et autres croyances tirés de la réalité et du vécu quotidien. Chaque période de ce calendrier correspond à des pratiques précises pour exercer dans les bonnes conditions, et surtout à temps toutes les filières de l’agriculture. Actuellement, nous sommes en pleine période appelée dans ce calendrier « Azevar ou Zvir ou encore Lefris » selon les régions et qui veut dire littéralement débroussaillement. Cette période de l’année agricole s’étale du 1er au 11 octobre du calendrier grégorien. Et c’est pendant cette décade que les paysans préparent le terrain à l’olivaison en défrichant les oliveraies et les débarrassant des mauvaises herbes, des ronces et autres branchages élagués durant la période de taille et d’élagage. Les pourtours des oliviers sont ainsi débarrassés de tout ce qui pourrait gêner la cueillette des olives surtout les plantes épineuses qui pourraient faire très mal aux cueilleurs. Par moyen de sarclage ou de pioches, les végétaux gênant sont arrachés et déracinés par les paysans. Malheureusement, cette pratique qui n’a rien de coïncident n’est presque plus « honorée » dans beaucoup de contrées, et c’est le cas dans la vallée du sahel, où les oliveraies sont négligées et laissées en friche pendant toute l’année. La plupart des propriétaires pour une raison ou une autre (travail, manque de moyens…) ne s’occupent plus de leur glèbes. «Ils ramassent les olives et s’en vont», regrette un fellah de Taourirt dans la commune d’Ath Mansour.
Y. Samir
