Ath R’zine – Awrir, l’eau une fois par mois

Les habitants du village Awrir, dans la commune d’Ath R’zine, vivent le calvaire des Danaïdes au quotidien et à longueur d’année.

En cause, une sévère pénurie d’eau potable qui dure et perdure. «Cette ressource ne coule de nos robinets qu’une seule fois par mois. Les plus chanceux la reçoivent au bout de 25 jours d’attente», confie un père de famille. «Le hic réside dans le fait que l’eau est souvent lâchée pour une courte plage horaire, et avec un débit très faible», ajoute-t-il sur une pointe de déception matinée de colère. Mais ce n’est pas tout, déplore-t-on, dans la mesure où l’eau acheminée dans le réseau de distribution est de piètre qualité. «L’eau est loin d’être inodore et incolore. Elle est impropre à la consommation», atteste un autre habitant d’Awrir. Pour transcender cet écueil, on recourt à de lointains et improbables sources alternatives d’approvisionnement. «Les fontaines publiques sont inexistantes. Les autres points d’eau sont très éloignés du village. Sans l’aide d’un véhicule ou d’une monture à quatre pattes, il est très difficile de remplir ses réserves», souligne un villageois. L’achat de l’eau est aussi une option courante, signale-t-on. «La citerne est remplie entre 1 200 et 1400 DA, mais on ne peut se servir de cette eau pour la lessive et la vaisselle, tant sa qualité laisse à désirer», témoigne un habitant. Pour les besoins de se désaltérer, rapporte-t-on encore, on s’approvisionne chez les vendeurs ambulants d’eau de source. «Nous achetons cette eau, soi-disant de source, à 50 DA le jerrican de 20 litres. C’est vrai que ce n’est pas cher payé, mais rien ne prouve qu’elle est de bonne qualité, étant donné qu’il n’y a aucun contrôle qui s’exerce sur ces marchands», affirme un citoyen.

N. M.