L’engagement des responsables locaux de Béni Amrane, d’améliorer la situation de nombreux douars avoisinants, ne s’est guère inscrit dans les faits. Et la population ne cesse de boire le calice jusqu’à la lie. La réalité ne peut être occultée. Rattachées à la commune précitée, située à 20 km au sud-est de Boumerdès, les agglomérations d’Aït Si Saïd, Oued Djenane, Boukerraï et Bouchelaghem souffrent toujours du manque d’eau, du mauvais état des routes, induisant le problème de transport en commun et d’insuffisance de structures éducatives. Le réseau communal d’alimentation en eau potable ne couvre, a-t-on expliqué, que les besoins des habitants du centre-ville. “Lorsque la consommation du précieux liquide augmente au chef-lieu de la commune, les douars n’en reçoivent aucune goutte”, fulmine un habitant d’Aït Si Saïd. Les jerricans d’eau sont ramenés en voiture où à pied — tâche qu’imposent certaines familles à leur progéniture — des communes avoisinantes. Une corvée de plus, notamment pour les enfants du village d’Aït Si Saïd déjà (presque) quotidiennement condamnés à parcourir 4 à 5 km pour rejoindre l’école de Bou Idel, trotte de 8 km, chaque jour, au total à travers des sentiers escarpés et bourbeux en hiver.Quels efforts ces élèves seront-ils encore capables de fournir en classe, quand ils sont souvent soumis à des conditions extrêmes de fatigue, de tension ?“La construction d’une école pour les agglomérations précitées serait-elle de trop ?”, se demandent les villageois en précisant que d’autres doléances n’ont pas eu de suivi. Prévus pour septembre 2005, les travaux de réalisation d’un CEM à Oued Djenane n’ont pas encore été lancés. Les villageois souffrent toujours de l’état défectueux du tronçon de route de 3 km, reliant Boukerraï à Aït Si Saïd — 4 km seulement de la route, menant de Oued Djenane à Bouchelaghem, qui en compte sept ont été bitumés. L’axe reste donc impraticable. Cela empêche particulièrement les transporteurs agrées de desservir cette contrée, alors qu’on est obligé, précisent les villageois, de sortir travailler, étudier, aller en ville.On n’oublie pas de mentionner que l’APC actuelle a déployé des efforts louables pour l’éclairage public de tous les villages. Mais l’on souhaite qu’elle tienne ses promesses de réaliser les projets programmés en PCD.
Salim Haddou
