Bientôt ce sera le lancement de la campagne de la cueillette des olives qui se profile sous de bons auspices. Dans la région de la vallée du Sahel les ménages préparent cette campagne activement, et les huileries ont d’ores et déjà ouvert leurs portes en procédant aux dernières retouches afin d’être fin prêts pour accueillir les premières récoltes à triturer. Les champs pourvus en oliviers verront également leur réoccupation, après des mois de « désertion » par leurs propriétaires. Ces derniers se mettront, sous peu, au travail afin de glaner le fruit oléagineux tant prisé. Les métayers sont aux aguets, et les négociations pour la location des vergers oléicoles vont bon train. Faut-il relever que la rétrocession de la cueillette des olives au profit des métayers est monnaie courante dans ces contrées rurales par excellence, car bon nombre de propriétaires d’oliveraies ne peuvent pas récolter eux-mêmes les olives pour des raisons de « calendrier » (travail, scolarité des enfants, maladie, vieillesse, etc.). Les ouvriers se frottent alors les mains à la perspective d’une bonne prise à la fin de la campagne oléicole. Toutefois, au delà de cet aspect saisonnier et quelque part «festif» de l’olivaison, il y a lieu de soulever ce point crucial qui a trait à l’ouverture des pistes agricoles et qui fait toujours jaser les propriétaires des oliveraies et autres vergers, surtout ceux situés en haute montagne, donc difficiles d’accès. A l’instar des localités Ath Hamdoun, Selloum, Saharidj, Takerboust, Ivahlal, Tamellaht et tant d’autres qui sont perchées à des altitudes variables mais toujours hautes et escarpées; sans compter le défaut des pistes agricoles, malgré tous les efforts consentis pour leur réalisation. Ces voies d’accès vers les champs s’avèrent d’une importance capitale pour les paysans des localités de la vallée du Sahel, en ce sens qu’elles permettent l’accès vers les propriétés terrestres nichées sur des flancs escarpés. Certains d’entre eux, même s’ils sont véhiculés, laissent à des centaines de mètres leur engins (tracteurs, camions, voitures,..) des lieux de récoltes à cause du terrain accidenté impraticable pour les véhicules. Dans ce cas de figure, il ne reste à ces gens que la sollicitation des bêtes de somme pour l’acheminement des récoltes, des victuailles et autres équipements et accessoires de paysannerie. « Je possède un verger oléicole sur les hauteurs du village d’Ath Hamdoun mais celui-ci est difficile d’accès à cause du relief accidenté. Aucune piste n’est aménagée vers ces lieux. Par conséquent, je me vois obligé d’utiliser un âne pour le transport de mes récoltes que ce soit les olives en hiver ou les figues et autres fruits pendant la saison estivale. La majorité des propriétaires terriens chez nous sont aux prises avec ce problème de pistes agricoles vers leurs terres. Ceux qui sont véhiculés se voient contraints d’abandonner à plusieurs encablures leur véhicule ou engin pour continuer à pied, et en plus, chargés de nourriture et d’outils pour les travaux champêtres » déplore un agriculteur d’Ath Hamdoun. Dans cette situation précise, les pistes agricoles s’avèrent d’une utilité indéniable, toutefois, il est à déplorer qu’il reste beaucoup à faire sur ce volet précis dans cette région charnière de l’Est de Bouira, qui compte un verger oléifère énorme, peut-être le plus important de toute la wilaya de Bouira.
Y. Samir
