Quel sort pour la Maison du tapis ?

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Construite il y a plus de quinze ans de cela dans le but de promouvoir le produit artisanal local, la Maison du tapis d’Aït Hichem demeure fermée malgré les multiples tentatives des villageois pour l’ouvrir. Chaque année, à l’occasion de l’organisation de la Fête ou du Festival du tapis, le problème de cette structure, érigée à la sortie du village, est remis sur le tapis par les villageois qui soumettent leurs doléances aux officiels. Périodiquement, les responsables promettent de remédier à cette situation dans les plus brefs délais. «Ce ne sont à chaque fois que des mots. Personne n’a tenu sa promesse jusqu’à maintenant. C’est comme si l’ouverture de la Maison du tapis était un tabou dont on ne doit pas parler», confie un villageois. Entre autres les problèmes rencontrés par les tisseuses, «l’inexistence d’un espace commercial dédié à la vente du tapis au niveau du village Aït-Hichem», a fait remarquer une adhérente à l’association des femmes tisseuses pour la sauvegarde et la promotion du tapis d’Aït-Hichem. L’association Azetta, qui a déjà à son actif l’organisation des deux dernières Fêtes du tapis, ne possède pas encore de siège, alors que la Maison du tapis, toute prête, n’attend que la direction de la culture, dont elle dépend, pour être occupée et rentabilisée. Sans point de ralliement des tisseuses, l’étranger qui se rend à Aït Hichem ne saurait pas à quelle porte frapper, pour effectuer des achats ou par simple curiosité. Il n’a d’autre moyen que de vadrouiller de maison en maison, à la recherche de l’objet convoité. D’ailleurs, certains acheteurs potentiels attendent l’organisation de la fête pour faire leurs emplettes. «C’est la Maison du tapis qui donnera l’occasion aux tisseuses de se rencontrer et de débattre des problèmes rencontrés, comme le manque de matière première. Elle palliera également l’absence d’un espace consacré à l’estampillage du tapis ou l’inexistence d’un espace commercial dédié à la vente de ce produit artisanal, au niveau du village d’Aït-Hichem», font remarquer, à chaque occasion, les artisanes. Une lettre comportant toute une liste de doléances, dont l’ouverture de la Maison du tapis, a été adressée, l’an dernier, au ministre de la Culture. La réponse sur le terrain tarde encore à venir. Notons que cette belle structure architecturale a été construite entre 1999, début des travaux, et 2005, avant d’être confiée, après délibération de l’APC d’Aït Yahia, au ministère da la Culture. À ce jour, le projet n’est pas concrétisé, faute de statut.

A. O. T.

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