"La nature a horreur du vide",; un dicton qui s'applique dans toutes ses dimensions à la situation des terres agricoles et du travail de la terre à travers la daïra de M’Chedallah.
Le phénomène, si on peut le qualifier ainsi, est prévisible sachant que la nature ne fait que reprendre ses droits. Actuellement, ce phénomène prend des proportions inquiétantes avec une fulgurante avancée du tissu végétal sauvage qui « mange » chaque année d’importantes surfaces agricoles et fertiles. Exception faite des commune de M’chedallah et de Chorfa dont les territoires sont en grande majorité des périmètres irrigués, les terrains agricoles du reste des communes de la circonscription de M’chedallah à l’image de Saharidj, Aghbalou, Ath Mansour et Ahnif se réduisent comme des peaux de chagrin. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette lamentable perte de la surface agricole dans ces communes: le premier étant la désaffection pour le travail de la terre. Cela résulte du fait que la plupart des terrains sont fort inclinés et ne permettent pas l’intervention de moyens mécaniques tels que les tracteurs agricoles, les moissonneuses batteuses, et les faucheuses. Jadis, il est recouru aux bêtes de trait et de sommes pour le travail de la terre. Mais cela n’est plus le cas aujourd’hui, ou l’est moins. Le facteur suivant est l’avènement du terrorisme et de l’insécurité qui se sont installés durant plus d’une décennie dans ces régions rurales à vocation agro-pastorale, ce qui a amené le phénomène de l’exode massif des populations vers les zones sécurisées. Un temps largement suffisant au tissu végétal sauvage pour recouvrir presque la moitié de ces terrains agricoles. Tous les efforts consentis par l’état pour relancer cette agriculture des zones rurales à travers plusieurs programmes d’envergure tels que le FNDA, FNDRA pour ne citer que les plus récents étaient insuffisants et souvent voués à l’échec. Ces programmes une fois concrétisés sur le terrain n’ont fait l’objet d’aucun suivi. Curieusement, les citoyens délaissent ces terrains agricoles jadis florissants pour s’attaquer aux terrains forestiers qui relèvent du domaine public, comme en témoignent les défrichements sauvages à travers toute la région où des arbres centenaires, notamment le pin d’Alep, sont détruits sans aucun état d’âme. Il faut noter sur ce volet que le tissu végétal qui envahit les terrains agricoles est composé de plants dénommés « sous bois » avec une prédominance de ronces, bruyères, oliviers sauvages et de touffus buissons. Les opérations « coups de poing » sporadiques menées ça et là par les forestiers épaulés par les services de sécurité n’ont pas servi à grand-chose, et ce, malgré les centaines de défricheurs présentés à la justice. C’est ainsi que la nature et l’être humain ont contribué à un effroyable dérèglement de l’écosystème qui défigure complètement le panorama naturel de jadis. Deux éléments qui se neutralisent en se détruisant mutuellement.
Oulaid Soualah.
