Ahnif – Les travaux du gaz à pas de tortue à Tamelaht…

Les résidents des six villages de la région Tamelaht, au sud de la daïra de M’Chedellah passeront un nouvel hiver sans gaz naturel. Les travaux du projet de raccordement de cette région accusent un important retard.

Une source proche des services techniques de l’APC d’Ahnif dira que la réception de cet ouvrage lancé en 2015 était initialement prévu au mois de juin écoulé. Malheureusement, ajoute notre source, il n’est réalisé à l’heure actuelle qu’à environ 80% des travaux. Les populations des six villages de Tamelaht à savoir Ighil N’ait Ameur, Tikesrai, L’vour l’mal, Ighil N’ait Rayou et Ighzer Oumeziav, comptant un total de 4 000 foyers, se voient contraints de se passer de cette commodité cet hiver qui s’annonce des plus froids, surtout dans cette région du sud d’Ahnif où les conditions climatiques sont très dures. Il est utile de signaler que 1800 logements sont réalisés dans cette région dans le programme de l’habitat rural et l’auto-construction, dans le cadre des différents programmes quinquennaux. Ces groupements d’habitations abritent quelques 6 000 habitants. De son coté le maire d’Ahnif M. Mecheddou Mohamed s’est montré rassurant en affirmant que le gaz naturel sera mis en service vers la fin du mois de janvier 2019, sauf imprévu de dernière minute. Ce retard est dû en partie aux oppositions des propriétaires terriens au début des travaux, et à la nature du terrain rocailleux et accidenté par endroits que traverse la conduite du transport. Cette dernière prend naissance à partir d’Ath Rached, dans la daïra de Bechloul sur une distance de 8 kms. L’autre raison de ce retard est le faible engagement des entreprises de réalisation en charge de ce projet. Toujours selon notre source auprès des services technique de l’APC, la partie distribution et raccordements individuels de l’ouvrage est achevée à 100 % avec réalisation des niches à compteurs. Le reste à réaliser avant la réception du projet concerne la conduite du transport. Rappelons enfin que la totalité de ces villages d’Ahnif ont été rasés par l’armée coloniale entre 1957 et 1958 et que les habitants ont été parqués dans des ghettos dénommés centres de regroupement et camps de concentration à El Adjiba et au niveau de l’actuel chef-lieu de commune d’Ahnif. Le repeuplement de ces villages martyrs a commencé immédiatement après l’indépendance avant que ne survienne un second exode rural massif durant la décennie noire qui a rudement touché la région de Tamelhat. Ce contexte sécuritaire difficile a contraint des centaines de villageois de la région sud d’Ahnif à déserter leurs maisons et a laisser derrière eux leurs terres pour s’installer dans les agglomérations de la plaine du Sahel. Ce n’est qu’à partir de 2010, avec le retour du calme, que les malheureux villageois ont commencé à regagner leurs maisons. A l’heure actuelle, ces villageois de Tamelhat espèrent un accompagnement des services de l’Etat en matière de commodités vitales (eau, électricité, gaz) et des structures de soins, d’éducation et des services publics. Les mêmes villageois espèrent aussi une réhabilitation des voies d’accès et l’amélioration des conditions de vie dans ces leurs localités respectives. Les pouvoirs publics doivent donc intervenir pour relancer les projets de développement dans cette région pour la sortir de son isolement. Il est utile de rappeler qu’en plus du projet du raccordement au gaz des villages de Tamelaht, un projet de raccordement de milliers de foyers de la région au réseau AEP à partir du barrage de Tilesdit est aussi retenu.

Oulaid Soualah