Une discipline qui mérite plus de considération

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L’école bgayetie de boxe n’étant plus à présenter, elle a été non seulement pionnière mais aussi l’une de celles qui ont offert le plus de titres au pays.Sous la conduite de son père spirituel D’da Mahmoud Kouchène, elle a formé plusieurs générations de champions dont les titres ne se comptent pas, tant à l’échelle nationale, continentale que mondiale à l’image des Abboud, Kouchène, Khentache… qui ont fait et font encore sa fierté tant leurs exploits n’ont jamais été égalés car après eux, c’est le déclin.Cette école, comme par enchantement, a rejoint le fin fond des abîmes, perdant de ce fait son lustre, sa notoriété, et où on a jeté ses champions.Il ne reste de ce monument que vestiges qui rappellent à la postérité ses grands moments de gloire et témoignent d’un passé qui a fait toute sa grandeur.Aussi bien sous les couleurs de la JSMB que celle du MBB (vert, blanc et rouge) deux clubs historiques et phare de la région, cette école n’a cessé d’enfanter le meilleurs pugilistes qui ont bravé et secoué l’ordre international. Mais, depuis notamment les années 1990, plus rien. Les motifs sont à rechercher, peut-être ailleurs, et probablement dans tout le désintéressement des pouvoirs publics à l’égard de cette discipline, ils sont également ici, même à Bgayet, car si toute cette armada de champions est décimée et sa succession réduite à néant, c’est surtout par le fait de ne pas disposer d’infrastructures, voire même mieux, elle s’est vue spoliée de son unique salle.Le président de la Ligue nous assure : “Depuis que la boxe a perdu sa salle de Sidi Soufi toute cette discipline a sombré dans une véritable déliquescence qui l’a secouée, ébranlée et anéantie”.La salle Amirouche permet encore à la section MBB de se maintenir en éveil, sans plus, car celle-ci est non seulement exiguë et inadéquate, le ring a lui seul ne peut y être installé, quant aux athlètes, ils s’entraînent comme ils le peuvent.Bgayet, à travers ses écoles de Timezrit, Akbou, Sidi Aïch, reste l’une des grandes pépinières du noble art, cela est une réalité incontournable, mais elle demeure également au regret des amoureux du noble arts l’une des régions les plus lésées par les pouvoirs publics en matière d’infrastructures et d’équipements de boxe. Le seul ring dont dispose le MBB peut certes encore être adapté à l’entraînement, mais pas à la compétition par sa vétusté et son obsolescence… Il est encore opérationnel.La réhabilitation de ce sport national et qui a un fort ancrage localement selon notre interlocuteur Youcef Khelifi, président de la ligue de wilaya de boxe, et fédéral “passe pas la mise à disposition d’une infrastructure qui réponde aux normes”. La restitution de la mythique salle de Sidi -Soufi sera le témoignage, compte tenu de la symbolique de ce haut lieu de la ville, de la part des décideurs de la reconsidération de cette discipline. Geste qui sera indéniablement, interprété comme déclic et vecteur d’une relance certaine, qui aura l’adhésion de tout une corporation, qui, pour l’heure, en est là témoin impuissant d’une discipline qui se meurt.

M. O.

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