Convaincue de la force que représentent les jeunes de la localité, l’association sociale du village Dabha Ouada, relevant de la commune d’Amizour, s’est lancée dans une série de volontariats, chaque week-end pour s’occuper du réseau routier intra muros qui relie les différents quartiers de ce bourg.
Un village en extension tous azimuts mais qui manque de tout, ou qui n’a presque rien si ce n’est l’accès principal toujours en état de piste, et le raccordement en gaz de ville, ajouté au réseau électrique. Et, en dépit de ces bâtisses d’habitations à couper le souffle, le village Debha Ouada ne ressemble qu’à un concentré de béton qui ravage la terre pour en constituer un grand dortoir, sans plus. Pas d’école, ni de dispensaire, ni de commerces ou pharmacie, ni surtout d’aires ou d’espaces de jeux aux petits qui n’ont que l’école après une navette de 4 Kms, et les 4 murs de leur demeures familiales comme seuls espaces de vie. Sortir de chez lui relève d’une gymnastique à la limite d’une aventure à haut risque dans cette agglomération de type rural, de par l’état des accès internes du village où la boue et les flaques d’eau règnent en maîtresses des lieux. Le village est implanté sur une terre lourde agricole, ce qui rend tout déplacement difficile et périlleux pour les petits et les plus âgés. C’est dans le but de mettre fin à cette situation que les habitants de ce village se sont mobilisés comme un seul homme pour en finir avec cet état des routes, en se lançant dans une série d’actions bénévoles pour retaper leurs accès. «Nous avons décidé de passer à l’action, surtout que nous avons le soutien de l’APC avec les moyens dont elle dispose, et la contribution de quelques entreprises de travaux publics et des particuliers de ce domaine qui nous ont donné un précieux coup de pouce avec leurs camions», dira Ahmed Arib, président de l’association locale. Cette mobilisation des «camionneurs» consiste en transport du tuf depuis le lieu dit Souk Akdim, pour utiliser cet agglomérat à revêtir pas moins de 4 kms de réseau interne constituant les accès secondaires du village en question. Les travaux avancent dans une ambiance de solidarité remarquable où,; la quasi-totalité des habitants, surtout la frange juvénile était massivement présente à l’événement. Une chaine de solidarité humaine, qui avec sa pioche, qui avec sa brouette ou sa pelle travaille dans un climat de joie où même les femmes ne se sont mises à l’écart, participant à préparer les repas pour les bénévoles. «On est presque à la fin comme vous voyez, après deux week-end acharnés et sans relâche, maintenant nous songeons maintenir le cap de la cadence pour attaquer les autres problèmes», ajouta un autre membre associatif. Effectivement, beaucoup d’insuffisances sont constatées, mais avec cet élan de solidarité, l’on peut croire que cet exemple d’autogestion aboutira à améliorer le cadre de vie des habitants, avec bien sûr l’aide des pouvoirs publics. C’est le défi relevé par les jeunes de Debha Ouada.
Nadir Touati.

