BARBACHA – Problème de la gestion des déchets, insuffisances budgétaires… – Le tableau noir du maire

L’installation de l’actuelle APC de Barbacha, après un précédent mandat à blanc et une impasse qui a duré cinq ans, n’a pas permis pour autant à la commune de renouer avec la sérénité.

Rappelons qu’au lendemain des élections, l’APC s’est retrouvée devant un obstacle : la fermeture de la décharge communale par les habitants du village Agueni N’Sihel. Une crise à gérer sans attendre eu égard à tous les désagréments qui découlent de ce blocage. Lors d’une rencontre publique pour la présentation du bilan annuel, tenue vendredi dernier, le P/APC, Sadek Akrour, estime que ce blocage est «un mal nécessaire», dans la mesure où il permet de songer à une gestion des ordures plus saine et écologique, à savoir le tri des déchets par les ménages eux-mêmes. Pour l’heure, la fermeture est toujours d’actualité, ce qui a donné naissance à d’innombrables dépotoirs sauvages à travers les venelles de la localité. Une situation intenable et jamais vécue auparavant par cette commune. Le P/APC évoque comme alternative à l’état de saleté généralisée, un projet-pilote de collecte par tri, qui vient d’ailleurs d’être lancé au niveau des localités de Tamricht et Tala Ifsar. En revanche, il n’a pas caché son désarroi quant aux «maigres» enveloppes financières attribuées par les pouvoirs publiques à sa localité, à savoir les PCD (5 milliards pour 2018) et les 10 milliards de centimes attribués par le ministre de l’Intérieur (FCCL). Ceci sachant, ajoute-t-on, que la recette des impôts (600 millions de centimes), la seule ressource de la caisse communale qui plus est, est insignifiante. En clair, la commune de Barbacha se trouve dans le «Triangle des Bermudes», pour reprendre les termes du maire, lequel indique que son «exécutif mène un combat sur trois fronts : l’austérité financière, les besoins en hausse des citoyens et la bureaucratie administrative, une tâche rude pour les élus locaux». À toutes ces contraintes s’ajoutent des priorités, comme l’achèvement des travaux entamés et des projets concernant soit le réseau routier, soit l’assainissement. L’édile communal a évoqué dans le même sillage les projets relevant du sectoriel, comme celui du gaz de ville, qui a atteint un taux d’avancement de 97%, et celui du raccordement au barrage de Tichy Haf. Les aménagements urbains constituent, en outre, le maillon faible de la localité, car cela demande des budgets consistants que les pouvoirs publics n’attribuent pas pour l’instant à la localité, «alors que l’état du chef-lieu et des grandes agglomérations s’est nettement dégradé», souligne-t-on. Les projets gelés suite aux restrictions budgétaires ont été énumérés. Il s’agit, principalement, des unités de la Protection civile et de la Sûreté de daïra. Pourtant, la délinquance et les fléaux sociaux explosent, regrette-t-on. Du côté citoyen, ont n’a pas manqué d’interpeller l’exécutif sur le problème de l’ivresse publique, le tapage nocturne, la détérioration du réseau routier…, en rappelons l’urgence de remédier à la saleté publique. Par ailleurs, l’on annonce l’ouverture prochaine de la bibliothèque, dont le montant des équipements acquis a atteint 180 millions, en sus de l’aménagement du stade communal en tartan et d’autres petits projets pour améliorer le cadre de vie de quelques villages et de travail dans les écoles primaires. Le point positif à retenir est la consommation de la totalité des PCD. D’autre part, les élus ont évoqué le manque de moyens de l’APC à faire face à de probables tempêtes de neige, celle-ci ne possédant aucun engin de déneigement. La liste des manques ne s’arrête pas là puisqu’on relève aussi le manque de personnel, réduit de plus de la moitié. Rappelons, enfin, que l’APC de Barbacha est gérée par une majorité PST avec une alliance RCD, devant des élus FFS, absents au demeurant à cette rencontre publique.

Nadir Touati.