La coordination nationale de la société civile marque l’évènement

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À l’occasion du 58e anniversaire des événements du 11 décembre 1960, la coordination nationale de la société civile, en collaboration avec le musée du Moudjahid de Tizi-Ouzou, a organisé une conférence se rapportant à l’événement. En présence des membres de la famille révolutionnaire, des différents responsables et de quelques élus locaux et nationaux, le conférencier, Ait Ahmed Si Ouali (Cadre de l’ONM et ancien maquisard), reviendra sur les événements depuis le déclenchement de la révolution jusqu’aux événements du 11 décembre. «L’objectif suprême de la révolution était de libérer tout le pays dans son intégrité territoriale et l’unité de son peuple. La stratégie adoptée consistait en la connaissance des capacités françaises et des nôtres. La justesse de notre cause, notre foi et notre force morale ont fait la différence». Après avoir repris les différentes étapes de la révolution algérienne depuis son déclenchement, l’arrestation et l’élimination de plusieurs dirigeants, la grève des étudiants et des lycéens, la grève des huit jours du 26 janvier au 4 février 1957, l’action de la fédération de France qui a réussi a atteindre 84 objectifs sur le territoire français, le conférencier notera : «Le 11 décembre 1960 est venu dire, haut et fort, que les Algériens ne sont ni des hors-la-loi, ni des fellagas, ni des bandits. Le peuple veut son indépendance et sa liberté. Les événements ont commencé à Aïn Timouchent, avant de s’élargir au reste du pays. La capitale Alger était le summum des événements. L’armée coloniale a commencé à mitrailler les manifestants. La première victime fut Saliha Ouatiki, une fille de 12 ans. Avec un drapeau algérien à la main, elle a été la cible des militaires français. Le 17 octobre 1961 s’en est suivi et la révolution a été transférée au cœur de Paris, chose qui a contraint l’ennemi à se déclarer vaincu et quitter l’Algérie. Leur moral a fléchi car leur cause était injuste».

Le ministère doit revoir sa copie

Invité à prendre la parole, le député Mokadem Taïb du Rassemblement national démocratique a d’abord félicité les organisateurs avant de faire remarquer : «L’initiative est à saluer, mais je constate que la salle est presque vide. Les quelques présents sont des visages habituels. Pourquoi le chant et la danse drainent les foules alors que lorsqu’il s’agit d’événements se rapportant à notre histoire, les salles sont presque vides ? Le ministère doit revoir sa copie en ce qui concerne les événements, les journées thématiques, les conférences relatives à notre histoire… La feuille de route doit être révisée». Amar Mellah, fils du colonel Ali Mellah, lui emboîtera le pas : «L’ensemble des associations qui activent dans le domaine de notre histoire ne font que discourir sans le moindre programme, feuille de route, ou projet à proposer au ministère. L’histoire doit aller vers nos jeunes dans leurs écoles, collèges, lycées et universités. Le ministère doit réviser sa stratégie, sinon, dans quelques années, notre histoire et notre patriotisme se retrouveront dans les poubelles de l’oubli». Avant eux, le directeur du musée, Hamcha Chabane, et la coordinatrice de wilaya de Tizi-Ouzou ont pris la parole pour appeler à plus d’amour de la patrie et à plus d’unité pour préserver l’Algérie. Pour sa part, Abdellah Ben Salah, président de la coordination, constatera amèrement : «Les nouvelles générations ont abandonné les valeurs et les symboles nationaux. C’est une honte que nos enfants préfèrent les dents de la mer. Ceci parce que nous n’avons pas su leur inculquer nos valeurs, l’amour de la patrie et le nationalisme. Nous n’avons pas pu leur transmettre notre héritage. C’est désolant de constater que nos jeunes ignorent les symboles de leur pays. Il faut aller vers des centres nationaux à travers chaque wilaya, pour inculquer à notre jeunesse le nationalisme, nos valeurs et nos symboles». Pour terminer, des Moudjahidine ayant vécu les événements de décembre ont été invités à faire des témoignages, et un débat s’en est suivi avec l’assistance, sur le thème.

Hocine T.

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