Vallée du Sahel – Les barrages créent un microclimat

Depuis la mise en service des trois barrages qui entourent la vallée du Sahel, il s’est produit un sensible changement climatique dans la région. En effet, la mise en eau des barrages de Tilesdit de Bechloul, à l’Ouest de la vallée, de Tichy Haf à Akbou, à l’Est, et de Taksebt (Tizi-Ouzou), au Nord, le taux d’humidité de la vallée du Sahel a considérablement augmenté. Autre conséquence directe du changement climatique induit par la mise en service desdits ouvrages : la disparition quasi-totale du verglas. Ce sont là les caractéristiques d’un microclimat tout nouveau. Ce changement a aussi abouti à la prolifération de toutes sortes d’insectes, la plupart nuisibles à la santé humaine et animale et au tissu végétal, notamment agricole. A signaler que les nuisibles sont à l’origine d’épidémies comme la Bleue tongue et la fièvre aphteuse, causant des ravages sur les cheptels depuis 2006. A cela s’ajoute la mouche de l’olive, dont la reproduction est aidée par le taux d’humidité élevé, facteur favorable de l’éclosion des œufs de la bestiole. L’humidité a aussi provoqué la disparition du verglas, qui aide à exterminer certaines larves et insectes. La totalité des fellahs ont constaté une spectaculaire apparition d’autres parasites et insectes qui s’attaquent à l’arboriculture et à toutes sortes de cultures. Dans la région du Sahel, tout le monde parle de ce changement climatique dont les répercussions sur l’agriculture sont déplorables. Il faut croire que du côté des organismes étatiques directement concernés par cette situation (services agricoles, environnement, forêts…), ce changement est «non-événement». «Sinon comment expliquer qu’aucune campagne de sensibilisation, ni étude sérieuse n’aient été effectuées pour expliciter ce phénomène aux conséquences lourdes sur l’agriculture et l’écosystème ?», s’interroge-t-on. Il faut rappeler que les dernières catastrophes causées par la mouche de l’olive ont occasionné de sérieux dégâts sur les oliveraies de la vallée du Sahel. La fièvre aphteuse a aussi fait des ravages sur le cheptel ruminant de la région Est de la wilaya et de M’Chedallah, tout récemment. En été, la population assiste impuissante à une prolifération de parasites et à une invasion non moins spectaculaire des habitations par les fourmis, moustiques et mouches. De l’avis des habitants, tous ces phénomènes, engendrés par la mise en place d’importants barrages d’eau, méritent des études scientifiques pour mesurer leur impact sur la faune et la flore locales.

Oulaid Soualah.