230 bénéficiaires en colère

Lancé au village voisin d’El Kerma (ex-Figuier), il y a cinq ans avec comme délai officiel de réalisation n’excédant pas 18 mois, le projet de 170 logements participatifs et 60 autres semi-collectifs n’a pas encore vu pratiquement le jour. Les multiples démarches entreprises par les bénéficiaires auprès de l’OPGI, maître d’ouvrage dudit projet dont le siège de la direction générale est située, à Réghaïa, sont restées vaines. Réagissant à ces « atermoinements » les protestataires viennent d’interpeller le wali de Boumerdès par le biais d’une lettre accompagnée d’une pétition qu’ils ont dûment signée. Le DG de l’OPGI est accusé, en gros, d’avoir violé les clauses du contrat de réalisation de leur site dans les délais prévus. Dans le détail, la gestion du responsable précité est qualifiée de « mensongère ». Et l’on se demande pourquoi le chantier d’El Kerma est abandonné depuis plus de trois ans. Une virée, hier, au site en question nous a permis, en effet, de constater l’énorme retard dans la finalisation du projet LSP, lancé pourtant en l’an 2000 selon les protestataires. Les bâtisses prévues ont certes pris forme. Les façades de la cité ont été même badigeonnées, mais les logements ne sont pas encore électrifiés. Le manque de commodités y est criant : pas d’eau, pas de raccordement au gaz, pas d’éclairage public et aucun plan d’assainissement des eaux usées. Les ruelles du site ne sont pas encore goudronnées. « Et ce serait un luxe de voir, ici, dès maintenant, l’installation de lignes téléphoniques », enchaîne l’un des acquéreurs en exhibant son contrat d’engagement avec l’instance OPGI et d’autres organismes concernés. On réclame le strict nécessaire pour prévoir aménager avec sa petite famille dans ce coin. Mais ils ont « attendu plus de quatre ans sans rien obtenir ». L’impatience cède la place à la colère. Au moins 10% des postulants se sont déjà acquittés de la totalité du coût du logement qui s’élève à 120 millions de centimes, avec cette prévision que 30% du montant en question est versé officiellement par la CNL. D’autres postulants ont payé en deux tranches, les sommes exigées par les services concernés. Mais tous ne comprennent pas les tergiversations du maître de l’ouvrage d’El Kerma concernant le suivi des opérations de visabilisation. Ils relèvent les dommages moraux et matériels induits par ces retards. Et précisent qu’en tant qu’ »humbles citoyens, ils refusent de sortir dans la rue, se révolter, pour mettre en avant leurs revendications ». A contrario, ils comptent sur le premier responsable local de l’exécutif pour leur rendre justice : achever la réalisation de leur site et ce, le plus tôt possible. « Plus de quatre ans d’attente, alors que nous nous avons payé les sommes demandées. L’injustice est flagrante », clame-t-on.

Salim Haddou