Les paysans inquiets

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Revoilà le stress hydrique. Après des mois d’octobre et novembre prolifiques en pluies, le mois de décembre inquiète les fellahs, qui s’attendaient à plus de précipitations. Même si l’on ne peut pas encore parler de sécheresse, il n’en demeure pas moins que le firmament est scruté quotidiennement par les agriculteurs qui, pour rien au monde, ne ratent les bulletins météorologiques des différents médias. «Pour un début d’hiver, c’est plutôt sec, on se croirait au printemps. Je n’ai jamais vécu un soleil aussi radieux en saison hivernale, avec une température agréable de 22° de surcroît», dira fort à propos un oléiculteur de Maâtkas. En tout état de cause, les agriculteurs ne cachent plus leurs appréhensions concernant leurs cultures. Toutes les filières agricoles sont touchées par cette incertitude climatique, y compris l’élevage. Les éleveurs redoutent, en effet, une nouvelle hausse des prix du foin et autres aliments du bétail. Même topo pour l’agriculture vivrière. Certains ménages arrivent cahin-caha à cultiver de la pomme de terre, de l’ail, de l’oignon, de la salade… pour leur consommation familiale. Là aussi, on s’inquiète et quelquefois, on arrose l’oignon, même si ce n’est pas encore nécessaire. C’est dire enfin que le dérèglement climatique est bien là ressenti par les exploitants agricoles. Ainsi, même si le soleil brille radieusement en cette fin d’année, il ne fait pas le bonheur de tout le monde.

Idir Lounès

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