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“Si c’est nécessaire, je bloquerais la Fête du bijou”

La dépêche de Kabylie : Concernant l’artisanat, où en sont les promesses tenues par le ministre de l’Artisanat et de la PME et quelle est la situation de l’unité de l’artisanat local à l’approche de la fête du bijou ?ll N. T. : Permettez-moi de commencer par la 2e question, étant donné que, pour nous, la mise en état opérationnel de l’unité de l’artisanat constitue l’une des préoccupations les plus importantes, vu l’importance que requiert l’artisanat sur le double plan culturel et économique. Après plusieurs démarches effectuées auprès des autorités wilayales et nationales et après plusieurs promesses non tenues par celles-ci, mis à part la subvention attribuée par l’APW de l’ordre de 2 000 000,00 DA, somme qui nous a permis d’entamer les travaux de réhabilitation de la structure, aucun des engagements pris n’a été honoré. Ceci donne un aperçu de l’importance qu’accorde les pouvoirs publics à l’activité artisanale. Pour ce qui est de la récupération de ladite unité auprès des holdings, nous sommes encore redevables à ces derniers d’une somme de 2 200 000,00 DA. A propos des promesses tenues par le ministre de l’Artisanat et de la PME, souvenez-vous que l’année précédente, nous avons été dans l’obligation d’annuler la septième édition de la fête du bijou, puisque ces engagements sont restés sans suite. Je réitère, encore une fois, la fête du bijou est loin d’être une manifestation folklorique, elle constitue pour nous l’occasion d’interpeller les pouvoirs publics sur les problèmes réels que vivent quotidiennement les artisans de la région en général et de ses bijoutiers en particulier. Je persiste et signe, en ma qualité de premier magistrat de la commune, s’il faut hypothéquer la tenue de la prochaine édition de la fête du bijou, nous le ferons et ce, jusqu’à satisfaction des doléances de nos artisans qui consistent en l’indisponibilité de la matière première, à la fiscalité, à la cherté de la matière et à l’interdiction qui continue à frapper l’approvisionnement en corail, sans occulter les autres difficultés dont souffre cette activité ancestrale, et populaire qui tend à disparaître, faute d’une politique de prise en charge réelle de ses problèmes. J’ajouterai, si vous le permettez, brièvement sur la sixième édition… que la population d’Ath Yenni sache que pour pouvoir honorer les dettes accumulées durant cette édition, l’APC n’a reçu que la somme d’environ 1 250 000,00 DA à quelques jours des élections partielles. Ceci dit, nos fournisseurs ont été payés en équivalence de cette somme.

Abordons maintenant le domaine culturel.ll La disparition de Brahim Izri, l’année dernière, constitue pour nous un malheur, tant sur le plan humain qu’artistique, car ce “fils d’Ath Yenni et de l’Algérie” avait tant de choses à dire par ses mélodies qu’il ciselait avec virtuosité. Ce qui fait que la nouvelle équipe de l’APC n’a pas hésité à répondre favorablement à l’appel de l’association Talwit qui s’est fait le devoir de célébrer la 1re date commémorative du dernier voyage de cet artiste “invétéré”. L’APC s’est engagée à prendre en charge l’affichage, le transport, la réalisation des fresques dont quelques-unes représentaient Cheriet Hamid (Idir), Guessoum Moumouh et Izri Brahim.

Nous croyons savoir que vous envisagez d’organiser un colloque sur l’une des œuvres de Mouloud Mammeri…ll C’est notre vœu le plus cher, car il est temps de rendre à Dda l’Mulud ce qui lui appartient, lui qui nous a réconcilié avec notre mémoire collective en nous frayant une place de choix dans l’université. N’est-pas lui qui disait qu’il fallait universaliser tout ce qui est particulier et particulariser tout ce qui est universel ? A ce titre, nous invitons tous les intellectuels l’ayant connu, les représentants du mouvement associatif et les comités de villages pour participer, activement, à l’organisation d’un colloque dont le thème sera tiré de l’une des œuvres de Da l’Mulud. Il est important de signaler que notre jeunesse, notamment les membres du comité de village de Taourirt Mimoun manifestent une volonté infaillible de porter à bras-le-corps l’organisation de ce colloque. N’est-ce pas là la meilleure manière de rouvrir Taâssast, ouverte d’ailleurs en février dernier. Enfin, je souhaite une bonne continuation à l’usay et une longue et heureuse vie à notre jeunesse ainsi qu’au journal la Dépêche de Kabylie.

Propos recueillis par M’hanna Boudinar

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