La réunion organique a été également une occasion pour le secrétaire général du parti, Amara Benyounès, d’exposer les positions du parti et de débattre avec les militants des questions qui se posent actuellement sur la scène nationale. Le premier responsable de cette formation est revenu longuement sur notamment la lenteur des réformes engagées dans le secteur économique. «Il est impossible de construire une économie de marché avec des socialistes et des trotskystes», a-t-il notamment déclaré pour expliquer que sa position est justifiée par le fait que «Ce sont les personnes qui ont géré l’économie socialiste qui veulent conduire le pays vers une économie de marché». Pour lui, on ne peut pas passer à un nouveau système de gestion de l’économie nationale «avec des mentalités dépassées». M. Benyounès dira dans ce sens que trois catégories de personnes s’opposent à la privatisation des entreprises publiques. La première se trouve «dans les milieux syndicaux puisque certaines personnes ne veulent pas lâcher la fortune qui leur vient des commissions des œuvres sociales». La deuxième catégorie est composée «de ceux qui ont fait carrière comme PDG sans résultat». Quant à la troisième, elle se trouve dans «les barons du trabendo». Pour mieux appuyer ses propos, le conférencier a donné l’exemple « des deux seules privatisations qui ont réussi jusque-là», à savoir le complexe sidérurgique d’El Hadjar pour qui l’Etat avait consenti 2 milliards de dollars entre 1999 et 2002 sans pouvoir le redresser. «Le partenariat avec les Indiens n’a pas seulement redressé l’entreprise mais a permis d’enregistrer des résultats que l’usine n’a jamais atteints depuis sa création». Quant à l’autre exemple, M. Benyounès a donné celui de l’ouverture du secteur de la téléphonie mobile qui a permis au maximum d’Algériens d’accéder à cet outil «alors qu’il y a trois ans, aucun citoyen ne pouvait posséder un portable en dehors des rares personnes qui peuvent entrer en contact direct avec le ministre de la Communication».Toujours dans le secteur économique, le secrétaire général de l’UDR a appelé le gouvernement «à combattre le trabendo qui risque de menacer sérieusement l’Etat». Pour lui, ce sont les islamistes qui ont versé dans cette activité «qu’ils contrôlent à 60%». Pire, le conférencier révélera que «dans beaucoup de régions, c’est l’argent du terrorisme qui est en train d’être blanchi dans le trabendo. Il faut donc faire attention, parce que nous n’avons pas chassé le GIA par la porte pour qu’il revienne par la fenêtre». Sur le plan politique, Amara Benyounès considère que l’amnistie générale est une «bonne option pour le retour définitif à la paix civile à condition que cette dernière consacre définitivement la victoire de la République sur l’intégrisme». Ceci dit, le n° 1 de l’UDR dit ne pas pouvoir «nous prononcer sur un texte de loi que nous n’avons pas encore vu». «Nous avons soutenu le dialogue entre le chef du gouvernement et les représentants du Mouvement citoyen, mais nous ne partageons pas l’option d’Ahmed Ouyahia concernant l’organisation d’élections partielles en Kabylie, parce que nous sommes convaincus qu’il ne faut pas réduire la crise de cette région à de simples joutes électorales», a en outre déclaré M. Benyounès qui a appelé le chef de l’Etat à dissoudre l’APN et aller «vers des élections générales anticipées à l’échelle nationale». «Je le dis et redis que les députés de Kabylie sont plus illégitimes que les élus locaux parce que le taux de participation lors des législatives est de loin inférieur à celui des élections locales», a-t-il poursuivi. Quant à sa demande de dissoudre l’APN, le responsable du parti a expliqué que «l’Assemblée actuelle ne répond pas à la nouvelle donne imposée par les dernières élections présidentielles qui ont fait que le Président se trouve majoritaire dans la société mais minoritaire dans les institutions en plus du fait que la majorité des députés actuels avaient mené campagne contre lui». Enfin, le secrétaire général de l’UDR s’est dit satisfait du fait que le président de la République se soit prononcé en faveur de la fin de la légitimité historique. «Il est temps de se débarrasser du passé et de construire l’avenir parce que la majorité des Algériens n’a pas vécu la guerre de Libération», a-t-il conclu.
Ali Boukhlef
