Livre amazigh

La Maison de la culture de Béjaïa a abrité du 15 au 20 du mois courant, la semaine du livre amazigh. Ce n’est pas une première en Kabylie où, depuis quelques années, on organise, régulièrement, ça et là, des expositions, voire, comme cela est le cas à Bouira, des rencontres sur l’édition amazighe. Il faut dire que si le livre d’expression berbère est sorti des limbes de la clandestinité, il n’a pas encore pris vingt ans après l’ouverture démocratique en Algérie, sa vitesse de croisière. Peu de livres, peu de revues se publient dans la langue de Si Mohand, en dépit de l’avancée de la question berbère et de sa quasi-officialisation, notamment par le biais de l’enseignement. Il ne s’agit plus comme autrefois d’interdit politique mais de problèmes liés au marché de l’édition. Les lois de la rentabilité primant dans ce domaine, et le livre amazigh ne disposant pas encore d’un lectorat suffisant, peu d’éditeurs s’aventurent à publier des textes en tamazight. A cela s’ajoutent les problèmes de transcription, les lecteurs n’étant pas familiarisés avec les systèmes, trop académiques, employés par les auteurs. Il n’y a pas de doute que l’aide de l’Etat est nécessaire pour faire démarrer le livre amazigh, mais la tâche de simplification et de standardisation des systèmes d’écriture incombe aux spécialistes. Quant aux auteurs, ils doivent être en mesure de produire non seulement des produits de qualité mais aussi des textes faciles à lire et qui répondent réellement aux besoins du public berbérophone. C’est seulement ainsi qu’on pourra créer des habitudes de lecture en tamazight !

S. Aït Larba