« Nous manquons de tout »

La nouvelle Assemblée populaire communale semble, elle aussi, décidée à agir dans le sens d’atténuer la précarité qui frappe les populations, notamment celles vivant dans les villages les plus reculés et les plus déshérités. Le problème majeur auquel ont été confrontées les différentes assemblées, qui ont succédé à la tête de la municipalité, est néanmoins le manque de terrains fonciers communaux, avons-nous appris auprès de Kabache Karim, adjoint-maire élu indépendant. Cette commune haut perchée sur une colline à 800 m d’altitude, abrite une population qui se chiffre approximativement à 10 000 habitants et s’étend sur 39,12 km2. Les différents budgets, qui lui ont été alloués par les pouvoirs publics, sont conséquents et satisfaisants, d’après notre interlocuteur qui nous a énuméré leurs différentes affectations et les secteurs concernés. « Pour les PCD 2006 de l’ordre de 20 499 000,00 DA, nous avons privilégié l’hydraulique par la réfection sur 500 m de la conduite AEP alimentant la commune et la réfection du GEPH de la bâche de reprise d’Imoula. Néanmoins, la plus grande part est affectée au réseau routier. Ainsi, la route principale reliant le chef-lieu à Seddouk sera réalisée incessamment en bitume tri-couches. Certes, nous avons préféré un revêtement en BB (genre tapis), mais cette opération ne peut être réalisée que par la SNTP, dont le programme est très chargé et notre tour ne sera certainement pas très proche. C’est pourquoi nous avons opté pour la première solution. Les revêtements des routes reliant le chef-lieu à Tighermin et Agrioun M’hand à Ighil Ouantar ont été aussi retenus. Mais les soumissions lancées jusque-là demeurent infructueuses à cause du relief montagneux des voies d’accès, ce qui n’attirent pas les entrepreneurs. Dans le cadre des PSD 2006, le montant n’est pas encore connu, mais les projets retenus dans ce cadre concernent le dégagement des routes victimes de glissement de terrains au nombre de cinq et qui sont obstruées ou rétrécies avec 1,5 km de revêtement des chemins communaux. Dans le budget de wilaya (APW), un montant de 2 600 000,00 DA a été accordé pour les réparations des cantines scolaires d’Imoula et d’Amagaz. Le budget grosses réparations des établissements scolaires a été destiné à la réfection du bloc sanitaire et de la boiserie de l’école d’Ighil Ouantar, la réfection de la toiture et de l’étanchéité de l’école d’Iazouzen, la réfection des étanchéités des écoles d’Imoula, de Tigheremine et de Sidi Saïd, et l’achèvement des travaux des salles de cours et des sanitaires de la zaouia. Enfin, le wali de Béjaïa lors de sa visite du 11/03 dans notre commune a donné son accord pour un projet d’aménagement urbain du chef-lieu, un autre pour l’aménagement du stade communal et un troisième concerne l’achèvement des travaux des logements de fonction du CFPA abandonnés depuis belle lurette » ». Tous ces détails nous ont été donnés par l’adjoint-maire qui se montre très satisfait de l’écoute attentive accordée par les pouvoirs publics à l’égard de leur commune. Malgré les efforts déployés par l’Etat pour redorer le blason de cette commune, notre interlocuteur n’en déplore pas moins que des insuffisantes persistent encore et que l’APC ne ménagera aucun effort pour continuer à œuvrer dans le sens de l’édification de sa circonscription, qui en a tant besoin. Pour cela, il n’a pas manqué de reprendre, secteur par secteur, les manques de moyens et les solutions préconisées pour pouvoir faire sortir de l’ornière les populations rurales très attachées à leurs patelins. « Dans le domaine de la santé, notre commune souffre énormément de l’absence de centres de santé. La structure sanitaire du chef-lieu n’a de polyclinique que le nom, elle a en réalité le statut d’un centre de soins, qui ne fonctionne que de jour avec un médecin généraliste, un dentiste, « dites-vous », lequel n’assure que les extractions et un infirmier. Vu l’éloignement et l’enclavement des villages, nous souhaitons l’édification d’une salle de soins pour chacun d’eux. Le secteur des sports et loisirs est le moins nanti, notamment dans les villages qui manquent de terrains de proximité et de maison de jeunes, structures indispensables pour l’épanouissement de la frange juvénile. Néanmoins, le chef-lieu est doté de ces deux structures mais aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune discipline sportive n’y est pratiquée et la jeunesse, dans ce cadre se trouve totalement démotivée. Nous avons d’ores et déjà lancé l’idée de la création d’un conseil communal des sports qui se chargera, à son tour, de créer des équipes dans différentes disciplines. Dans le secteur éducatif, le CFPA qui patine avec quelques sections, n’attirant guère des stagiaires, nous l’avons redynamisé par l’initiation d’autres disciplines. Aussi, le CEM d’Imoula dont les travaux qui étaient à l’arrêt depuis 2002 ont été relancés récemment. Néanmoins, nous déplorons l’absence de cantines à l’école de Tighermine et à l’école d’Aglagal d’Ighil Ouantar. Dans le cadre de la relance économique, l’absence du foncier est pénalisant pour la commune. Nous avons pu difficilement trouver un terrain d’assiette au chef-lieu pour la réalisation de 30 locaux uniquement. Nous nous sommes rabattus sur les villages en instruisant les notables de mettre à la disposition des autorités des terrains, pour ne pas perdre le quota de locaux attribués à notre commune, mais à ce jour, aucun ne s’est manifesté. Nous avons, par ailleurs, pensé à la relance de l’activité de l’ancienne carrière d’Ighil Meloulène. Ce projet intéresse deux entrepreneurs qui ont déjà postulé. Nous prévoyons aussi l’alimentation en eau potable des villages d’Ighil Meloulen, d’Iazouzen et d’Imoula à partir du forage de l’oued Soummam, du fait que le forage réalisé à Ighil Meloulène n’arrive même pas à satisfaire en eau potable ce village. Enfin, nous avons crée un comité du Croissant-Rouge algérien et nous pensons à l’implantation d’abribus à travers toute la commune », renchérit-il.

L. Beddar