Site icon La Dépêche de Kabylie

Zones dangereuses

l Contrairement à ce qui est désormais admis par tous et qui n’est pas dénué de fondement, les récents ratages de la JSK ne commencent pas au milieu du terrain, mais bien avant, dans sa propre zone. En prenant le risque, parfois sous la contrainte, il est vrai, de renoncer à ce qui a été sa plus géniale trouvaille –la paire axiale Harkat /Meftah— à de trop nombreuses occasions, Jean Yves Chay a joué avec le feu. S’il est vrai que le souci de faire tourner l’effectif et la qualité du banc dans ce compartiment sont largement recevables, il est tout aussi vrai que la stabilité dans cette zone de jeu si sensible mérite d’être l’exception, surtout que la complémentarité technique des deux garçons est quasiment irréprochable. Il est d’ailleurs significatif que ce soit à ce niveau que les plus grosses bourdes ont été commises ces derniers temps. Face au CRB, Chlef et encore avant-hier en coupe d’Afrique,ce qui était l’espace le plus sécurisé a valu à la JSK de douter. L’un dans l’autre, les arrières axiaux de vocation, Boudjakdji et Daoud reconvertis pour des besoins évidents, ont participé individuellement à ces ratages même si la responsabilité collective a, à chaque fois, fait office de confortable consolation. Et pour boucler la boucle, ce manque de cohésion défensive est sûrement accentué par le dilemme souvent extra-sportif sur le flanc droit où l’alternance d’entrée ou de remplacement commence à donner le tournis. Au milieu du terrain,si l’absence d’un véritable chef d’orchestre est un lieu commun, il reste que cela n’a pas trop influé sur l’efficacité de l’équipe dont les résultats restent largement positifs, même si la qualité dans le jeu n’a pas toujours été au rendez-vous. Le bagage technique de Yacef, l’opportunisme de Berguiga,la qualité de passe de Raho ou encore la vivacité d’Oussalah ont souvent pallié au déficit criard en construction, mais il n’y a pas grand monde pour s’en plaindre, cela s’est encore vérifié, contre le RAJA. Cela peut-il durer ? Assurément non. A commencer par cette deuxième mi-temps en terre marocaine où il faudra plus que défendre. Et plus que défendre, cela veut dire en premier faire circuler le ballon, b.a.-ba de la gestion d’un résultat acquis, surtout qu’à Casa, Yacef aura en face quatre-vingt-dix minutes durant, un défenseur-certainement le même- qui aura d’autres arguments à faire valoir que sa naïve agressivité.

Slimane Laouari

Quitter la version mobile