Les élus de l’APC d’Abi Youcef, dans la daïra d’Aïn El Hammam, ont hérité d’une décharge devenue ingérable au fil du temps. Située dans une région à vocation touristique, à un jet de pierre de la montagne et à l’orée du parc national du Djurdjura, la commune ne peut se permettre de gâcher ce paysage par des ordures. Le premier objectif des élus devrait être d’extirper ce mal, venu troubler ce décor de rêve. La décharge, implantée à la sortie de l’agglomération, sur la route nationale 15, reliant la wilaya de Tizi Ouzou à celle de Béjaïa par le col de Tirourda, n’est indiquée ni pour souhaiter la bienvenue aux éventuels visiteurs de la commune ni pour leur dire au revoir. On ne peut emprunter la route vers les villages environnants ou la montagne pour profiter de son beau paysage sans être obligé de « humer », auparavant, les odeurs nauséabondes qui se dégagent du dépotoir. Les exhalaisons de pourriture empoisonnent la vie des quelques familles qui habitent dans les environs. Il y a quelques jours, lors de l’incinération des déchets, la fumée a envahi le lycée technique situé à quelque cent mètres plus haut. D’après un enseignant, « les élèves ont été enfumés et l’air devenu irrespirable bien que l’on ait pris soin de fermer portes et fenêtres ». Pour une commune à vocation touristique, la vue des ordures sur le bord de la route n’est pas le meilleur moyen pour attirer les visiteurs. Le nouveau wali insiste sur la protection de l’environnement et particulièrement sur la bonne gestion des décharges, ce qui n’est pas facile à faire dans une région où les terrains communaux sont presque inexistants et les moyens des APC dérisoires. Celles-ci devraient se concerter pour une solution commune pour solliciter une aide que l’Etat ne saurait refuser, vu que c’est pour la bonne cause. Ce paysage que nous envient les étrangers de passage dans la région, ne doit pas devenir une énorme décharge publique. L’exemple à suivre nous vient de Larbaâ Nath Irathen qui projette de construire une décharge intercommunale avec les communes voisines. Les communes relevant des daïras d’Iferhounène et Aïn El Hammam sont confrontées à la même situation s’agissant de la gestion de leurs déchets. Une solution commune à ce problème permettrait de réduire les coûts. De toute façon, dans ce genre de projets, on ne compte pas, la protection de l’environnement n’a pas de prix.
Nacer B.