Hocine Skendraoui, un talentueux artiste

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Dès son jeune âge, et plus exactement à la fin des années 70, il a eu la chance de rejoindre la Maison de jeunes de Draâ El Mizan où il a appris à manier avec dextérité quelques outils utilisés pour sculpter de petites statuettes. Après ses études secondaires, il prit le chemin de l’Ecole nationale des Beaux-Aarts d’Alger pour préparer un diplôme en peinture. Mais c’est au niveau du Centre de formation des arts traditionnels de Sidi Fredj qu’il a réussi parce qu’il a satisfait sa véritable passion qui n’était autre que la sculpture sur bois. Après plusieurs années et après avoir côtoyé des artistes de renommée et de nationalités différentes (égyptienne, tunisienne et même italienne), l’artiste s’est forgé une “aura” dans ce domaine.A Annaba, il participa à la réalisation de nombreux travaux de valeur internationale.Nous l’avons rencontré alors qu’il avait achevé un chef-d’œuvre en vue de glorifier le club de la Jeunesse Sportive de Kabylie (voir l’illustration), il nous a accordé cet entretien dans lequel il revient sur l’importance qu’il faut accorder à cet art.

Hocine, pourquoi avez-vous choisi particulièrement la sculpture ?Avant tout, je peux vous dire que ce n’est pas un choix. C’est plutôt une passion. C’est dans mes premières années d’enfance que j’ai commencé à m’investir dans cet art. On ne peut s’interdire quelque chose qui nous attire. En sculptant de petites statuettes pour servir de marionnettes, mon âme a finalement retrouvé ce qu’elle voulait. Et avec le temps bien sûr, je ne pouvais plus me séparer de ce domaine.

Peut-on savoir quels sont les styles dans lesquelles vous excellez le mieux ?Je ne vous cache rien. Je n’ai aucune préférence pour un quelconque style. Je suis un sculpteur polyvalent. C’est ce qu’on dit dans notre jargon, sans frontières. Tous les styles m’intéressent allant de Louis XIV jusqu’à l’arabesque en passant bien sûr par le style berbère et le mauresque.

Avez-vous réussi des œuvres d’art de qualité ?Bien sûr, certains de mes produits sont même exportés à l’étranger, quand je faisais de la sous traitance chez d’autres. Mais l’essentiel pour moi est de m’être extériorités. D’ailleurs, je ne fais pas de la sculpture pour le plaisir d’en faire. Mais surtout pour moi ce qui compte dans tout cela est surtout la signification que je donne à ma façon de sculpter.

Bon, revenons maintenant à ce chef d’œuvre dans lequel, je pense, vous voulez glorifier la JSK. Pouvez-vous livrer à nos lecteurs son interprétation ?Vous ne le pensez pas mais nous avons la même vision. On ne peut dissocier la Kabylie, son combat et ses joies de la JSK. C’est un travail qui m’a pris énormément de temps, plus de six mois. parce qu’à chaque fois que j’arrivais aux finitions me venait une autre idée. Et bien là vous avez les montagnes du majestueux Djurdjura soutenues par deux lions et bien sûr en bas les rameaux d’olivier, ô combien porteurs de significations. Deux drapeaux qui flottent : le fanion de la JSK portant l’inscription du club en tamazight et le drapeau algérien : les deux sont indissociables. Tout à fait en haut : un parchemin déroulé sur lequel est écrit “notre fierté”. Par le biais de ce tableau, j’aimerais encore lancer un autre message de ne pas laisser ce club qui a énormément contribué à la lutte pour notre identité. Une manière de sauvegarder ce patrimoine.

Quels sont vos projets d’avenir ?Ecoutez, on ne peut énumérer les projets d’un artiste, car c’est l’inspiration qui le commande. Celui qui fait son travail avec amour et passion ne court pas derrière l’argent, mais beaucoup plus derrière la perfection. Seulement, mon seul souhait est de créer une fabrique et en même temps une école d’apprentissage de la sculpture traditionnelle, car celle-ci est moins répandue. Je formerai des jeunes qui vont peut-être propager cet art vers d’autres régions. Sur ce plan, c’est un désert. Et en vue de perpétuer ce patrimoine culturel qui nous est très cher, nous, les artistes attendons que notre Etat nous vienne en aide. Cela relève de la culture d’un pays et personne n’a le droit de laisser ce trésor aller à vau-l’eau.Tanemirt pour votre journal qui m’a permis de m’exprimer sur un domaine qui me tient beaucoup à cœur. Tant qu’il y aura des hommes libres, nous demeurerons vivants.

Entretien réalisé par Amar Ouramdane

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