A Tigzirt, nombreux sont les commerçants que nous avons rencontrés et qui nous ont exprimé leur souhait à ce que la saison estivale de cette année soit mieux organisée pour lui garantir une réussite, contrairement à la triste réalité vécue ces dernières années. Pour rappel Tigzirt qui veut dire “l’île” en berbère et qui n’est autre que l’antique Omnium, de l’époque romaine, est une ville très prisée par les estivants et les touristes, et ce vu ses plages, ses paysages pittoresques et les divers sites historiques dont elle jouit et dont certains remontent au premier siècle av.J.C. Mais la gestion médiocre de cette région et les événements dont elle a été victime ces dernières années, l’ont plongé dans le recul.En plus des responsables locaux, les commerçants sont eux aussi des acteurs de cette saison.Lorsque l’on sait que le commerce reste très limité pour les autres saisons, ces derniers misent beaucoup sur cette période pour renflouer leurs caisses car pour cette période le chiffre d’affaires peut égaler ou dépasser celui réalisé pour toute l’année. Parmi ces commerçants, on compte deux catégories, les uns qui exercent de façon permanente et d’autres qui ne sont que saisonniers. Le commerce de saison se fait aux abords des plages et des accès qui mènent vers ces lieux. Cet exercice est soumis à des autorisations qui sont délivrées par les autorités locales. Certains, parmi les commerçants rencontrés, voudraient soulever ce détail. Ils invitent les responsables à prendre les devants et délivrer ces autorisations avant le début de la saison et ce, pour leur permettre de se préparer et d’être au rendez-vous. Or, ces dernières années, vu l’anarchie indescriptible qui règne dans la région, “une cacophonie” a régné sur les plages et autres coins de la ville. Le commerce informel a pris de l’ampleur et dans certaines baraques on a procédé même à la vente de l’alcool. Cela sans oublier de citer l’absence d’hygiène au dépens du consommateur. Mais l’intervention des services de sécurité a freiné nette cette anarchie. Les commerçants, en général, incombent chaque fois l’échec de la saison estivale aux responsables qui ne fournissent pas assez d’efforts, par manque d’imagination et d’un plan réfléchi pour cette période. A l’exemple de la saison passée, les plages ont été transformées tristement en des décharges à ciel ouvert. Dans certains endroits, des eaux usées sont déversées sur les plages autorisées. On constate aussi l’absence totale d’un programme, d’animation, culturel et artistique.Mais ce qu’il y a lieu de soulever, c’est l’absence d’une association des commerçants qui doit jouer un rôle actif dans cette gestion. Peut-être qu’elle existe dans la forme mais sans efficacité sur le terrain. Or, une telle organisation a un rôle capital à jouer pour la stimulation et la promotion de l’économie touristique. En somme, cette frange de la population, en plus du rôle qu’elle devrait jouer, invite d’ores et déjà les responsables à tous les niveaux de faire de cette saison celle de la réussite et de la renaissance du tourisme. Un éveil qui sera à la hauteur de la beauté et de la dimension historique de cette région.
Mourad Hammami
