Directeur de recherche au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), Mme Roumeguere-Eberhardt, depuis longtemps malade, est morte à 78 ans d’une défaillance cardiaque, a indiqué à l’AFP sa fille Isabelle.Née en 1927 en Afrique du sud, Roumeguere-Eberhardt est la seule femme européenne a avoir été initiée par deux tribus africaines, les Venda d’Afrique du sud, lorsqu’elle était jeune, puis les Masaïs aux rites secrets traditionnellement réservés aux hommes. Devenue française par son mariage en 1957 avec Pierre Roumeguere, un associé du peintre surréaliste Salvador Dali, elle part avec lui et leurs trois enfants au Kenya. Mais le couple se sépare, lorsque l’anthropologue qui vit dans une tribu Masaï, en épouse l’un des guerriers, Metamei Ole Kapusia, qui sera longtemps son assistant dans ses recherches.Parlant la langue des Masaïs, Jacqueline Roumeguere-Eberhardt devient une experte de la tribu dans tous les domaines et publie plusieurs ouvrages alors qu’elle vit en brousse avec son mari et les nombreuses épouses qu’il prendra successivement.Auteurs de nombreux traités d’anthropologie, Mme Roumeguere-Eberhardt assied sa notoriété en 1978 lorsqu’elle affirme dans « Dossier X » qu’un groupe d’hominidés, dont l’apparence serait semblable à celle des hommes préhistoriques, vivent dans la brousse kényane et la région du Kilimanjaro.Cette théorie, devenue célèbre auprès des chercheurs en cryptozoology et qui fut le thème de son livre « Les hominidés non identifiés des forêts d’Afrique », fut reçue avec scepticisme par beaucoup de ses confrères, dont le paléontologue anglais vivant au Kenya, Richard Leakey.Dans une interview au New York Times en 2005, Jacqueline Roumeguere-Eberhardt avait affirmé qu’en dépit des différences culturelles, elle et son mari Masaï ainsi que les nombreuses autres épouses s’étaient merveilleusement entendus. »Chaque jour que je passe avec lui, j’apprends quelque chose sur la nature humaine », avait-elle déclaré au Times.Au moment de sa mort, Jacqueline Roumeguere-Eberhardt venait de finir la traduction en anglais d’un livre de mémoires initialement intitulé « Les six femmes de mon mari », qu’elle avait dû changer en « Les neuf femmes de mon mari » lequel venait de prendre de nouvelles épouses !Elle est l’auteur d’une dizaine de livres et essais, tous consacrés à l’Afrique.Parmi ses ouvrages les plus connus: une autobiographie « Quand le python se déroule » (1988) évoque son initiation aux rites des Venda, « Les Masaïs » (1984) écrit en collaboration avec Yann Arthus-Bertrand in 1984, et « Pensées et sociétés africaines » (1963).
