La Kabylie à l’ère du western

Braquage de banques et de bureaux de postes à l’américaine, agressions diverses, prises d’otages avec demande de rançons. On a même vu des hold-up à l’américaine, avec course poursuite des policiers quand ils sont dans les parages. Quant aux citoyens délestés de leur argent ou de leurs biens, souvent en plein jour et dans la rue, au milieu de la foule, ils se comptent par centaines. La Kabylie est-elle en train de se transformer en studio pour films western ? En tout cas, l’insécurité a atteint un seuil insupportable, et la population demande au plus vite l’intervention de l’Etat pour mettre fin à cette situation. Si dans les grandes villes comme Tizi Ouzou, Béjaïa ou Bouira, la présence des forces de sécurité se renforce, il n’en est pas de même dans les villages et sur les routes qui y mènent. Depuis que les gendarmes sont partis, suite aux événements de 2001, il n’y a plus personne pour assurer la sécurité. Les policiers sont rares et souvent les habitants sont livrés à eux-mêmes. Beaucoup ne sortent plus qu’en groupe et la nuit on évite les déplacements : de nombreux commerçants, se rendant le matin de bonne heure aux marchés, ont déjà été délestés de sommes importantes. Des terroristes, qui ont trouvé refuge dans les montagnes de Kabylie, ainsi que des bandits de grand chemin sont responsables de la situation. Tout le monde est d’accord pour crier son ras-le-bol, et tout le monde appelle les autorités à intervenir. La sécurité des personnes et des biens est du ressort de l’Etat. Et de l’Etat seul !

S. Aït Larba