Chabani Safia, jeune peintre en herbe

Il n’y a ni de grands ni de petits peintres. La peinture n’est pas un domaine réservé aux grands : seuls le don et l’amour de cet art comptent. Du haut de ses treize pouces, Safia Chabani, jeune collégienne au CEM de Frikat, promet beaucoup dans ce domaine. Jouissant d’un don particulier, elle commence à faire ses preuves. A son âge déjà, elle maîtrise les techniques de cet art pictural, non seulement, elle peint mais elle excelle aussi dans le dessin. Malgré des moyens dérisoires, elle a, à son actif déjà une expérience avec ses participations à tous les rendez vous culturels organisés dans sa région. Séduits par les tableaux qu’elle avait exposés lors de la semaine culturelle organisée en avril à la Maison de jeunes Arezki de Draâ El Mizan, nombreux les visiteurs qui se sont attardés longuement devant ses œuvres. A notre question sur cet art, Safia nous a répondu qu’avec le dessin, elle s’extériorisait. « Dans ces tableaux que vous voyez, c’est toujours moi », nous a-t-elle expliqué. Lors de cette exposition elle nous a dit qu’elle était émerveillée, car elle ne savait pas qu’elle intéressait un aussi grand public. Effectivement, on dirait que Safia est déjà un grand artiste. « C’est une grande joie pour moi. Je ressens une grande satisfaction », ne cessait-elle de dire. Avec ses fresques et ses tableaux, notre jeune artiste comprend qu’elle partage beaucoup avec les grands artistes. Tout comme beaucoup d’artistes-peintres, Safia n’a fréquenté aucun établissement spécialisé, si ce ne sont les courtes séances de dessin dispensées de temps à autres à l’école. Elle nous a affirmé qu’elle avait appris cet art toute seule en griffonnant sur des feuilles blanches. Toute petite, c’est en dessinant la nature avec tout ce qu’elle comprend de beau, puis les figures emblématiques de notre révolution qu’elle avait compris que dessiner n’était pas vraiment un domaine réservé aux grands. Voulant savoir ce qu’elle compte faire à l’avenir, la jeune artiste a été catégorique : « à part cette passion, rien ne m’intéresse. Je sais que ce ne sera pas facile car il y a énormément de manques, notamment des infrastructures où je pourrais me perfectionner mais je jure que je ferais de cet art ma raison de vivre parce qu’il est indissociable de moi-même ». En conclusion, des jeunes peintres de cet acabit n’attendent que pareilles occasions pour se manifester. Que leur réserve le système éducatif ? L’école algérienne les sclérosent en les gavant de matières qui les font abandonner leurs rêves sans qu’il n’y ait quelqu’un pour se soucier de leurs capacités artistiques souvent reléguées au dernier plan. N’est-il pas temps de revaloriser toutes ces disciplines dites d’éveil, comme cela se fait sous d’autres cieux.

Amar Ouramdane