La session extraordinaire de l’APW de Béjaïa, consacrée exclusivement au foncier et particulièrement à la création d’une agence foncière de wilaya a pris bien vite l’allure de la montagne qui accouche d’une souris. Alors que beaucoup attendaient révélation sulfureuses, scandales, explications sur la manière dont le foncier a été dilapidé (thème devenu générique et cheval de bataille de tous les partis), la session aurait été des plus ordinaires n’eut été le coup de théâtre qui s’est produit à l’entame des travaux : le retrait des 18 élus FFS et de 3 de leurs alliés du MEN, à leur tête le P/APW ont-ils déclaré “ne pas mettre entre les mains de l’administration un instrument de prédation”. A Dieu va ! La majorité des élus, initiateurs du projet et partisans de la création de l’agence foncière a opté, toutes tendances confondues, pour la poursuite des travaux et de désigner un président de séance issu du FLN. Non sans avoir stigmatisé au préalable l’attitude du P/APW qui à l’occasion “s’est comporté en militant de parti et non comme président d’une, institution populaire”, dirant à l’unisson les élus. Pis, il lui est même “conseillé” de démissionner !De son côté, le parti incriminé, le FFS a par le biais du P/APW et de son premier secrétaire général fait part à la presse de sa position à travers une riposte musclée. Pour le parti d’Aït Ahmed, il s’agit avant tout du refus de cautionner un débat dont l’issue est certaine et le résultat connu par avance. “Notre position est claire, dira le P/APW, nous refusons d’obéir à l’injonction de voter pour que l’élu soit dépouillé de ses prérogatives”. Et de réfuter l’argument selon lequel l’agence foncière est un secteur de développement. En conclusion, le FFS dit “refuser de servir d’alibi et de cautionner les dérives, car les jeux étaient déjà faits”.Le wali dans une intervention concise et usant de son habituel humour corrosif a déclaré que “le monopole de la prédation n’est pas du côté de l’administration…” Puis d’apporter certaines précisions sur le mode de fonctionnement des 10 agences communales et intercommunales qui offre l’impressionnante particularité d’équilibrer en dettes et en créances un montant faramineux de deux milliards de DA ! “Concernant les créances, elles ne peuvent provenir, ajoutera-t-il, que de terrains cédés de manière complaisante”. Deuxième mini-clash de la journée : la démission d’un élu MEN qui soutient mordicus avoir subi des pressions de la part de sa direction nationale pour suivre les thèses FFS. Le moins que l’on puisse ajouter au crédit de cette session pas comme les autres, c’est l’identité de vues entre élus non-FFS et administration.Quant au vote, anecdotique, une majorité absolue s’est dégagée en faveur de la création de l’agence foncière. Ite missa est.
Mustapha Ramdani
