l Malgré les déclarations du secrétaire général du Conseil national des enseignants du supérieur appelant à l’annulation de la grève, les deux sections du Centre et de l’Ouest maintiennent la pression en poursuivant leur mouvement de débrayage. Haussant le ton, les protestataires menacent de radicaliser leur action qui est à sa deuxième journée. Ils menacent de boycotter les examens de fin d’année. Ils sont nombreux les étudiants n’ayant pu passer leurs épreuves, et ce, notamment au niveau des universités de Bab Ezzouar, de Boumerdes et de Blida. Contrairement à ce qu’a avancé le SG du CNES, Ali Boukaroura, la coordinateur-adjoint et chargé de la région Centre, Farid Cherbel, affirme que le mot d’ordre de grève a eu un écho remarquable. Selon lui, la majorité des universités, notamment là où il y a plus de professeurs, ont été paralysées. « Sur les 24 amphis de l’USTHB, seulement 4 ont ouvert leurs portes », nous dit Cherbel, avançant un taux de suivi de 80%. Dans l’optique de mieux sensibiliser la corporation, les protestataires ont décidé d’installer une radio CNES au niveau de l’université de Bab Ezzouar. A travers celle-ci, ils émettront leurs communiqués et décisions s’agissant de la suite à donner à leur action. Selon Cherbel, si le ministère de tutelle ne satisfait pas leur plate-forme de revendications, le CNES Centre et Ouest, décréteront une grève illimitée. Il est inconcevable, souligne notre interlocuteur, de continuer à travailler dans ces conditions. Rappelons que les enseignants du supérieur réclament la revalorisation des salaires à 60 000 DA pour les maîtres-assistants et 140 000 DA pour les professeurs, la généralisation de la prime spécifique professionnelle qui est de 80% dont ne bénéficient que quelques-uns, l’octroi de logements et la démocratisation de la gestion des universités. Selon le chargé de la région Centre, il est temps de régulariser le secteur. Il propose, au nom de toute la corporation, l’organisation de nouvelles élections du doyen et des chefs de département. Enfin, il y a lieu de souligner que les protestataires ont défié et leur tutelle et la justice qui a ordonné la suspension du mouvement de débrayage.
Wassila O. H.
