C’est en ces vers qu’est composée la chanson-phare qui porte le titre du dernier album de Amar Ou Rabah, en signe de retour. Après une longue absence, Amar Ou Rabah reste égal à lui-même. Un artiste au style particulier, un fond d’une poésie cousue par des termes et des métaphores dont seul l’artiste connaît la technique. Amar Ou Rabah, est un vieux-jeune artiste, originaire de Attouche (Makouda), auteur de l’Algérie di l’Afrique et d’autres succès. Il a su maintenir la barre haute, et en éditant des œuvres entre des périodes très espacées. Mais dès qu’un produit est lancé sur le marché, on reconnaît son originalité et la qualité attribuée à la fois aux textes et à la musique. Le dernier album est composé de 7 chansons à travers lesquelles Amar Ou Rabah traite les différents sujets ayant trait à la vie dans la société, particulièrement l’amour. Parmi les titres, on cite Kul idh (chaque nuit) Udmim (ton visage) Amlaâyoune (belle aux beaux yeux) Erghigh (je me brûle). La troisième chanson a été un vibrant hommage à feu Hamidouche, ami d’enfance de l’artiste. Dans cet émouvant hommage, l’auteur a repris l’une des musiques pour évoquer les souvenirs encore vivants qu’il a vécus en compagnie de Hamidouche, particulièrement dans leur région natale, Attouche. Terrible mortQui nous a arraché Hamidouche… Et pourtant, il est encore jeune,La culture et tout le mondeOnt pourtant besoin de lui. Dans Kul idh (chaque nuit), l’auteur évoque le triste souvenir de l’être aimé qui n’est plus là. J’ai horreur de l’arrivée de la nuitDepuis que tu as atterri dans mes rêves,Je te hais et je t’aime à la foisTon amour est semblable à un serpent,Ton corps est semblable à une pieuvreEn tendant terriblement ses tentacules. Ton couteau est toujours aiguisé,Pointé droit vers mon cœur. Dans mes yeux, il n’y a point de larmes.
Ta tempête qui m’a viséeM’a secoué tel un séismeEn détruisant toute ma quiétude
Dans les autres chansons, la dose de poésie et l’air musical restent toujours originaux. Dans ce franc succès, Amar Ou Rabah a déployé un grand esprit d’imagination. Après le spleen dû à l’absence de l’amour, l’on peut retrouver la tendresse dans les autres titres, notamment dans Erghigh Amlaâyoune et Udmim. Dans ce dernier titre, l’artiste évoque et décrit avec contraste l’image de la belle aimée. « Ta beauté qui s’éclateEst un soleil qui me brûle ;Ton amour est une eau abondanteEt moi je meurs de soif;Ton sourire d’un jourSera suivi d’un mois de chagrinJe suis comme dans une prison,Entouré par de terribles murs. Tout est amer, autour de moiC’est la solitude, c’est le silence plat. En somme Amar Ou Rabah, cet artiste discret et humble, est semblable à une étoile artistiques qui a bien sa place dans notre ciel culturel. Il est une étoile qui n’apparaît que rarement depuis près de 20 ans, mais à chaque apparition, elle nous projette une lumière éclatante et d’une couleur originale, qui éclaire nos cœurs pour longtemps. Tant que le ciel a besoin d’étoiles, la scène artistique kabyle ou algérienne en général auront certainement besoin de lui.
Mourad Hammami
