« L’été est là, mais pas les vacances », regrettent les jeunes de Bouira. On suffoque déjà et la chaleur qui s’abat depuis quelques jours sur la ville fait penser à la plage et au farniente face à la grande bleue. En effet, on vient juste d’entamer la deuxième moitié du mois de mai et les ingrédients d’une grande « évasion » sont d’ores et déjà tous réunis. La poussière qui balaie les quartiers dans tous les sens, l’ennui qui ronge tout un chacun et beaucoup plus les désœuvrés, le manque de distractions et le soleil de plomb qui empêche les gens, dès la première heure de la matinée, de sortir pour vaquer à leurs besoins et les femmes d’aller faire les vitrines comme elles le faisaient quand le temps était plus clément et l’atmosphère moins étouffante. Ces jours-ci, voire depuis le début de la semaine, les habitants n’ont plus le goût de s’aventurer à l’extérieur de chez eux et certains ont même songé à faire leurs valises pour s’enfuir ailleurs et se soustraire ainsi au contexte infernal qui hante la ville de Bouira durant toute la période des grandes chaleurs. Durant l’été, en effet, et eu égard à sa situation et configurations géographiques, la ville de Bouira se transforme en une véritable marmite bouillante où il devient quasiment impossible de vivre. Convenablement et sans se sentir mal à l’aise à cause de la lourdeur de son climat et de son atmosphère fermée, et devant le déficit que connaissent la ville et la wilaya toute entière en matière d’infrastructures de distraction et de loisirs, il devient plus que nécessaire de programmer des vacances ailleurs de préférence au bord de mer. Néanmoins, l’heure des vacances et des congés pour les fonctionnaires n’a pas encore sonné. Les examens de fin d’année ne font que commencer, le bac est programmé pour le 10 du mois prochain et la période des congés n’a pas encore été entamée. Ceci dit, rien ne semble plaider pour une quelconque fugue, si courte soit-elle. Alors, « comment faire pour échapper à la fournaise et éviter le marasme de la routine qui rongent notre quotidien », s’interrogent les habitants de Bouira. La réponse n’est certainement pas facile à imaginer.
Anis S.