Au lendemain du boycott du cartable, et comme dans presque toutes les régions berbérophones du pays, l’enseignement de tamazight était effectif dans la région est du pays. On se souvient qu’aux balbutiements de “tamazight di lakul”, beaucoup de Chaouis, avaient alors manifesté leur “inclination militante” à introduire tamazight dans les écoles des Aurès. Plus de 40 enseignants avaient alors été enregistrés. Aujourd’hui, il ne sont plus qu’une douzaine à résister contre “vents et administration” : 7 à Batna, 1 à Khenchela, 1 autre à Biskra et 3 à Oum El Bouaghi. Démobilisation ? Il s’agit en fait, d’une lassitude comme savent la provoquer les cols blancs de l’éducation nationale de la région est. C’est du moins ce que nous retenons des propos de Djalal Tayeb, enseignant à Khenchela, que nous avons eu au téléphone. A titre d’illustration lassante, il nous parlera de cette fiche de vœu qui semble avoir la peau dure dans la région. “On (l’administration, ndlr) l’a distribué aux environs de 10 h pour les (fiches de vœux) reprendre trois heures plus tard”, affirme l’enseignant de Khenchela. D’autres problèmes d’ordre pédagogique poussent encore plus loin l’agacement. A ce propos, notre interlocuteur nous parlera de la répartition des trois heures de tamazight sur les emplois du temps : la séance de tamazight est la dernière à trouver sa place dans l’emploi du temps. “Un bouche trou”, s’exclame Tayeb Djallal, qui ne comprend pas que le manuel de l’éducation nationale ne contienne pas des textes en tamazight. La formation est un autre problème, de taille celui-là, soulevé par les enseignants. Absence de formations à l’échelle locale. Mais comment pourrait-il en être autrement, puisque la corporation d’enseignants chaoui n’est pas encadrée par un inspecteur comme cela est le cas dans les wilayas du Centre. C’est dire à quel point les enseignants de la région est sont isolés et loin, très loin, de l’environnement pédagogique. C’est pourquoi l’initiative d’organiser, à partir d’aujourd’hui, “deux journées d’étude sur l’enseignement de tamazight dans la région est” est louable et ne manquera sans doute pas d’apporter un plus qualitatif dans les fiches techniques des enseignants. Cette manifestation est préparée et coordonnée par le Haut commissariat à l’amazighité en collaboration avec le ministère de l’Education nationale. Des communicants venus des départements de langue de Béjaïa et de Tizi Ouzou aborderont, lors de ces deux journées d’étude, les sujet inhérents à l’enseignement de tamazight. Il sera question entre autres de : “Pratique de l’écrit en classe de tamazight”, “Le nom en tamazight”, “L’introduction des néologismes dans l’enseignement de tamazight”… Pour finir, soulignons que la création d’un département de langue amazighe dans l’une des universités de la région est, permettra forcément aux enseignants de voir… plus clair.
T. O. A.
