La Dépêche de Kabylie

Reprise anarchique des projets d’aménagement

Depuis la reprise des activités et autres réalisations d’utilité publique dans la région de M’chedallah, une reprise permise par le retour au calme et à la stabilité, il est désolant de constater qu’on use de précipitation et de bâclage ; plusieurs projets sont réalisés n’importe comment, loin de toute règle de l’art. A titre d’exemple, commençons par un projet d’envergure nationale qui est la réalisation d’une nouvelle ligne électrique de haute tension. Pour mener à terme ce projet, il est impératif d’ouvrir une piste le long du tracé qui franchit d’importantes forêts et cela, aux fins d’acheminer les matériaux nécessaires pour l’implantation des poteaux. La manière avec laquelle est réalisée cette piste nous laisse ébahis. Entrecoupée et sans aucune utilité à l’avenir, et cela après un massacre de la végétation composée à 90% de jeunes pins d’alep, déracinés par milliers, bien faite cette piste serait d’une grande utilité pour la préservation de la forêt des incendies et pour la lutte anti-terroriste. Un autre fait remarqué est le projet de modernisation du tronçon de la RN30 entre la commune de Saharidj et celle de M’chedallah : l’intervenant sur ce projet n’a trouvé de mieux que pousser la terre provenant du décapage vers le talus inférieur ; ici aussi, c’est un autre massacre de la végétation. A l’heure actuelle ces déblais prennent la forme d’un précipice en contrebas de la route, ce qui n’est pas sans danger sur les futurs usagers. Le réseau d’assainissement de la commune de Saharidj se présente sous la forme d’une pieuvre qui étale ses tentacules dans toutes les directions, dédaignant le réseau principal conçu pour collecter toutes les eaux usées du chef-lieu communal ; on a procédé à la réalisation de réseaux secondaires et aucun ruisseau n’est épargné par ces rejets, dont les deux principaux, à savoir : assif Ichiren à l’Est de ce même chef-lieu, et assif Boughnaou, au niveau du lieudit Izamouren, périphérie ouest de Saharidj centre. D’importantes sources situées dans ces deux oueds sont polluées. Notons que le collecteur ou la mini station d’épuration qui devait recevoir le rejet du réseau principal de l’assainissement de Saharidj est hors usage, deux ans après sa mise en service, faute d’entretien.

Omar Soualah

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