Le 5e anniversaire de la naissance de la plate-forme d’El Kseur, sœur jumelle de celle de la Soummam, et de la marche historique du 14 juin 2001 réprimée dans le sang intervient dans une situation politique très complexe avec des perspectives périlleuses qui, sauf un sursaut national, peuvent s’avérer fatales au pays. Et pour cause, le débat sur les questions fondamentales ayant trait à l’instauration d’une démocratie effective ne cesse d’être reporté. Cette année, la célébration de l’anniversaire de la marche noire du 14 juin 2001 et de la plate-forme d’El Kseur, porteuse d’un projet de société de démocratie, de justice sociale, se fait alors que le processus de sa mise en œuvre est enclenché depuis plus d’une année avec des résultats qui restent toujours insuffisants. En effet, bien que le bilan de cette mise en œuvre puisse être considéré comme positif, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire. Il convient de noter, au demeurant, que les tentatives de torpiller ce processus historique portant mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur ne cessent d’être menées par des forces réactionnaires, s’opposant insidieusement à la consécration d’une véritable démocratie populaire dès lors où leurs intérêts de mafia politico-financière ne s’y retrouvent pas. Toujours est-il, le Mouvement, qui reste fidèle au serment de sang donné aux martyrs du Printemps noir, demeure plus que jamais résolu à poursuivre son combat pacifique pour l’application intégrale des revendications de la plate-forme d’El Kseur. D’autre part, il est clair que la question du départ du corps de la gendarmerie de la Kabylie, qui refait surface, par intermittence à coups d’arguments fallacieux d’insécurité surmédiatisée à dessein par des plumitifs de service en collaboration avec le colonel Ayoub de la gendarmerie, chargé de cette propagande, est une revendication citoyenne, légitime et trop consensuelle pour qu’elle soit objet de polémique. Aussi, les opérations de manipulation tous azimuts ne pourront jamais effacer de la mémoire collective le génocide perpétré par ce corps voué aux gémonies par toute une population. Le bilan lourd fait de milliers de blessés et de centaines de martyrs ne pourra jamais être passé en pertes et profits. La population qui aujourd’hui réclame son droit légitime à la protection n’en veut pas de ce corps qui n’a apporté qu’injustice et désolation. Cette population attend plutôt la traduction devant les tribunaux civils des gendarmes qui ont assassiné lâchement des citoyens qui n’ont fait que crier leur colère face à l’injustice et à l’arbitraire. Cela dit, le Mouvement tient à dénoncer ces voix serviles et maléfiques qui ne cessent, sur fond du grenouillage ambiant, d’appeler au retour de la gendarmerie en Kabylie et réitère encore une fois le mot d’ordre de mise en quarantaine de ce corps jusqu’à son départ définitif. La Coordination des archs, daïras et communes commémorera cette année l’anniversaire de ces dates qui ont marqué d’une empreinte indélébile le cheminement du Mouvement citoyen des archs à El Esnam le jeudi 15 juin 2006. Enfin, le Mouvement citoyen des archs tient à saluer la libération prochaine du journaliste emprisonné, Mohamed Benchicou, qui aura ce 14 juin purgé deux ans d’incarcération arbitraire, telle une rançon payée pour la liberté d’expression en Algérie. Le Mouvement citoyen invite les citoyens à réserver à ce prisonnier d’opinion l’accueil qu’il mérite à sa sortie de prison. Le Mouvement qui suit avec inquiétude le musellement des libertés individuelles et collectives ainsi que la dégradation permanente de la situation socio-économique des Algériens ne peut de ce fait que saluer les initiatives allant dans le sens d’améliorer le niveau de vie et du pouvoir d’achat, notamment à travers une augmentation des salaires qui doit être conséquente.
Ulac smah ulacLe combat continueTizi Ouzou, le 11 juin 2006
