La Dépêche de Kabylie

Un dossier explosif

La population de Larbaâ Nath Irathen, à l’instar des populations des autres localités limitrophes s’interrogent sur l’avenir de la zone industrielle d’Aboudid. D’une superficie de plusieurs hectares, elle est située à 1 km environ à l’est de la ville. Depuis sa création, elle n’a connu aucune activité à ce jour. Cette zone qui n’existe en fait que de nom, vit depuis de longues années une situation des plus complexes et qui n’a pas dérangé outre mesure les responsables, qui se sont succédés à la tête de la municipalité. Non seulement les projets d’investissement trainent depuis plusieurs années mais des terrains ont été également déviés et revendus pour l’édification de villas sur plusieurs niveaux à usage d’habitation. « Entre ce qu’ils veulent faire et la manière dont ils s’y prennent, il y a un grand décalage ». Ces propos d’un directeur des travaux publics très au fait du dossier résume on ne peut mieux la situation dans laquelle se débat cette zone. Pour être plus explicite notre interlocuteur poursuit. « Croyez-vous que cette situation est normale ? » s’interroge-t-il. « Non ! elle ne l’est pas ! toutes les constructions que vous voyez ici et dont les terrains d’assiettes ont été cédés à l’époque du parti unique pour des prix symboliques, sont illicites ». L’Office de promotion des investissements (OPI) qui devait remettre normalement de l’ordre dans cette zone d’activité, ne gère finalement que du vent. Cet office est devenu, selon des observateurs, une agence foncière vendant des terrains à des pseudo-investisseurs. Sur la même zone, des projets étatiques sont aussi à l’agonie, tels que : Eniem, Sovarie, Enapat, Edimco… Tous fermés et en état d’abandon, livrés aux pilleurs de tout acabit. La question qui se pose aujourd’hui au sujet de cette zone industrielle, que d’aucuns appellent aujourd’hui « résidentielle », espace retenu dans les années 80 pour recevoir des projets d’investissements est la suivante, doit-elle être maintenue, ou y a-t-il lieu de recourir à son annulation pure et simple ? C’est là que réside sans doute l’imbroglio entre les promoteurs et les pouvoirs publics, qui devraient œuvrer à trouver la solution la moins coûteuse et la plus utile avant qu’il ne soit trop tard, si ce ne l’est déjà. Dans une région où le chômage atteint son plus haut niveau, la relance de tous ces projets pourrait générer jusqu’à plus de 1 000 postes d’emploi directs et indirects. Toutes ces infrastructures a priori importantes, réduiront à coup sûr l’énorme retard que cette localité connaît en matière de développements économique et social. Le président de l’APC qui a ce dossier sur le bureau entend en faire une priorité. Selon nos informations, ce dernier est déterminé plus que jamais à rendre sa vocation initiale à cette zone d’activité par tous les moyens que lui confère la loi. Il compte, selon les mêmes sources rappeler à l’ordre par des mises en demeure tous les bénéficiaires des terrains acquis dans le cadre de la promotion et de l’investissement, à respecter à la lettre le cahier des charges pour lequel ils se sont engagés. D’ailleurs, le dossier en question que certains qualifient d’ »explosif » sera remis par le P/APC au wali de Tizi Ouzou lors de la visite de travail qu’il effectuera en juillet prochain dans la région de Larbaâ Nath Irathen. Quelle sera la réaction du wali ? Attendons pour voir.

S. K. S.

Quitter la version mobile