Qui était Hamidouche ?

Hamidouche, de son vrai nom Khedim Ahmed est issu d’une modeste famille de huit enfants il est né à Attouche (hameau Agouni Bouklane), dans la commune de Makouda, le 14 août 1956. En 1964, à l’âge de 8 ans, il assista à un gala du chanteur Rachid Mesbahi. Ce petit événement a marqué l’esprit du futur chanteur ; cela a été le déclic qui l’a incité à découvrir le monde de la chanson. Il fabriqua une guitare de fortune sur laquelle il commença à interpréter ses premières notes de musique. Cette guitare fabriquée par lui avec des moyens de fortune ne le quitta plus, jusqu’au jour où l’une de ses sœurs, lui offrit une vraie guitare. Quatre ans après, en 1974, il anime sans sonorisation sa première fête dans le village. En 1975, il mit fin à ses études et se consacra entièrement au monde de l’art. Durant la même année, il perd ses meilleurs amis suite à un accident de la circulation, et ce en compagnie de deux autres proches à lui. Ce malheureux événement a beaucoup affecté le jeune chanteur. Il l’inspira à composer deux de ses meilleures chansons Izem id rebba t sedda et A yahviv. Durant la même année, il organisa son vrai gala en tant qu’artiste-amateur au village Stiba de Makouda. Au printemps de 1976, il passe à l’émission « Chanteurs-amateurs » (Ichenayen y zeka), présentée par Taleb Rabah. Hamidouche chanta alors War as delmagh d’Aït Menguellet. En septembre 1978, il achève son service militaire. En 1979, après un bref passage en tant qu’instituteur à l’école primaire d’Akaoudj, il se rend à Paris où il enregistre son premier album, sorti sur le marché après les événements d’avril 1980. En tant que jeune artiste, avec un style original, marqué par l’ambiance, son nom s’est vite répandu à travers le pays et en France. Il a produit en tout 12 albums, ses chansons parlent de l’espoir, l’amour, la femme, la patrie, etc. Hamidouche est connu aussi de tous pour son calme, sa discrétion, sa bonté et son amour pour le football en plus de la chanson. En 1994, il est atteint d’une grave maladie chronique. Durant des années il s’est battu contre sa maladie. En 1998, aidé par son frère Rachid qui, lui, jouait du mandole, il a animé des galas à Béjaïa, Makouda et Tizi Ouzou, et ce pour commémorer le 18e anniversaire du Printemps berbère. En 1999, il créa l’Association de bienfaisance Amdwel il fit sa derrière apparition sur scène en décembre 2000 à Tizi Ouzou. En 2001, il se rend en France pour se soigner. Il a promis d’organiser à son retour durant l’été de grands galas à Tizi Ouzou et Makouda. Ironie du sort, il fait son dernier retour au pays dans une autre réalité. La voix du rossignol s’est éteinte à jamais, à quelques jours seulement de la célébration de la Journée mondiale de l’artiste. Hamidouche est parti, mais ses œuvres perpétuent sa mémoire à jamais et la population de la région lui a réservé une grande place : un symbole de vie, de jeunesse et d’espoir. Repose en paix Hamidouche.

M. H.