Une cité dortoir dépourvue de tout

Les habitants de la cité périphérique de Tizi Oufella, sur les hauteurs d’Ighil Ouazoug à Béjaïa, n’ont eu de cesse depuis la création de leur association socio-culturelle Thiziri, dans laquelle ils se sont organisés pour mieux faire aboutir leurs revendications, d’écrire aux services concernés et de demander des audiences aux responsables locaux pour attirer leur attention sur les problèmes qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne. A l’instar de beaucoup d’autres cités qui entourent la ville de Béjaïa, Tizi Oufella est construite de manière archaïque et à « la va vite » sous la poussée de l’exode rural des années 80 où l’essentiel pour les chefs de familles était d’avoir un toit. A noter que vingt-six ans plus tard rien n’a changé, l’exode rural et les constructions illicites continuent. Devant l’absence d’attribution de lots de terrains et de logements, les citoyens qui veulent se rapprocher des commodités qu’offre la ville, c’est l’école, l’hôpital et éventuellement le travail bien que ces familles vivent et construisent avec surtout les transferts de devises n’ont d’autres choix que de construire, parfois dans le désordre le plus total, des maisons pour abriter la famille, quitte à trouver par la suite des solutions aux problèmes d’aménagement du territoire qui se poseront fatalement un jour ou l’autre. Et ce sont ces problèmes d’infrastructures et d’équipement collectifs qui se posent aujourd’hui avec acuité et dont souffrent les habitants de Tizi Oufella. Dans la plate-forme de revendications en 24 points qu’ils ont adressée simultanément au wali, au chef de daïra et au président de l’APC de Béjaïa, ils énumèrent leurs problèmes qui sont pour la plupart liés à l’établissement du plan d’occupation des sols (POS), aux canalisations des eaux pluviales à la création d’un secteur pour la collecte des ordures ménagères, à l’éclairage public, à l’ouverture d’une route vers Oued Ghir, à l’extension de l’école primaire et à la construction d’un CEM.

B. Mouhoub