Le constat fait par le président de la République, fait devant les cadres de la nation même s’il n’est point alarmiste, constitue sans nul doute un fait inquiétant. Bouteflika a donné l’image d’un chef d’Etat à la tête d’une équipe non performante, voire nonchalante. L’exemple édifiant est la réforme bancaire, souhaitée depuis son premier mandat en 1999, et qui n’a pas encore vu le jour. La confiance qu’il a placée en des hommes n’a pas été payante et le Pésident semble maintenant décidé à ne plus perdre de temps.Les choix politiques étant faits et définitivement tranchés, l’équipe gouvernementale doit s’atteler à les traduire pratiquement dans les textes et sur le terrain. Pour ce faire, l’Exécutif devrait cesser de rouler à des vitesses variables d’un ministre à un autre. L’homogénéité de l’équipe est une condition sine qua non pour la réussite du plan quinquennal projeté par le Président.Les choix individuels d’écoles et les coquetteries intellectuelles seront désormais mises de côté au profit de l’efficacité sur le terrain. En ce sens que le gouvernement a pour mission d’appliquer le programme présidentiel, leur programme a été, faut-il le rappeler voté à 85% de voix le 8 avril 2004.Le ton du président n’était pas celui que certains espéraient, à savoir de circonstance en ce premier anniversaire de sa réélection. Bouteflika n’a pas hésité à “tirer” sur des ministres que l’on dit proches de lui. Le ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, est sûrement le ministre qui a été le plus critiqué ouvertement par le Président. La réforme bancaire, prérogative du ministre des Finances a été au centre du discours présidentiel.Au sujet de la dette, Bouteflika a rejeté d’un revers de la main l’approche “économiste” de son ministre en déclarant que la question devait être traitée d’une manière politique, et qu’il était le seul détenteur de cette décision. Par ailleurs, le président a tenu à remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne l’amnistie générale, la réconciliation et le terrorisme. Une année après sa réélection, Bouteflika soutient toujours que le projet de réconciliation est viable et demeure à ses yeux un objectif à atteindre. Néanmoins, il lèvera toute équivoque en ce qui concerne le terrorisme.Il martèlera que le terrorisme doit être éradiqué, et que l’Algérie ne pourrait connaître le développement sans le rétablissement total de la paix et de la sécurité. Les terroristes et leurs sponsors ne peuvent espérer revenir un jour sur la scène politique. Bouteflika l’a affirmé d’une manière solennelle et irréversible.
Chérif Amayas.
